L’Homme : une énergie sans limite

Après 18 mois à travers l’Asie et un autre petit pour traverser le désert australien la belle vie à pris fin. En effet, voyager sans travailler ne pouvait pas perdurer. Je me suis donc arrêté à Home Hill ; petite bourgade aux abords de l’océan pacifique. Cette région hyper-agricole est ensoleillé pendant plus de 300j par an et repose uniquement sur sa nappe phréatique et son barrage qui autorise une irrigation permanente. Les agriculteurs de la région produisent principalement des poivrons, melons, pastèques, courges, tomates, aubergines et courgettes pendant 6 mois et des mangues en fin d’année. Même s’il y a 50 ans la plus part des exploitants se sont installés sur des petites surfaces aujourd’hui les fermes familiales sont de moins en moins compétitives et seul les immenses exploitations survivent.

En cherchant un travail, j’ai eu beau demander aux locaux et à une institution nationale ils m’ont tous redirigé vers une auberge de voyageurs (appelé backpecker hostel). Apparemment cela est devenu essentiel car les travailleurs étaient lents (ou feignants) ou ils abandonnaient leurs postes du jours au lendemain. Comme tout le monde, je suis donc aller dans l’hostel recommandé. Sans certification de travailler et au prix relativement chère pour une auberge de campagne, j’ai toutefois signé pour une première semaine. La certitude de travailler pour 23$AUD (16€) par heure à aussi jouer dans ma décision. Le maître mot était : « au jour le jour », je ne pourrais donc savoir si je travail uniquement le soir (parfois tard) pour le lendemain. Le premier jours je suis sur la liste d’attente, pas de travail donc. La responsable me demande d’être prêt à 6h au cas où quelqu’un est malade. C’est donc finalement vers 8h qu’elle vient me trouver pour partir travailler : impeccable. Les premiers jours je bosse à droite à gauche, 2 petites journées à ramasser les aubergines, 1 bonne matinée à transplanter de la canne à sucre, 2 jours à ramasser les poivrons et un autre à désherber la canne à sucre. C’est plutôt pas mal pour le début. Même si j’ai eu des petites journées et 2-3 jours sans travailler je m’en sors bien. Puis vient finalement la ferme de l’enfer, les travailleurs allant la bas revenaient cassé et la responsable venait de demander de ne plus parler des conditions de travail aux nouveaux de peur que tous les nouveaux refusent d’aller travailler.

Plus grand chose ne me fait peur et puis je veux travailler, 5-6 jours par semaine avec des journées complètes, j’accepte donc le boulot lorsque l’on vient me le proposer. On est 6 de l’auberge à y aller, on est 2 nouveaux. On doit ramasser des poivrons, pas de problème, je m’applique, j’apprends, j’écoute, mon anglais est limiter, je ne comprends pas à 100% mes 2 supérieurs australiens (Josh le conducteur du tracteur et Sam la conductrice du camion) mais je m’en sors. Je suis baissé toute la journée, les poivrons sont presque à même le sol. La cadence est rapide, on est 6 derrières un tapis roulant soutenu par un tracteur où les poivrons tombent dans des grosses caisses (appelé « bin »). Chacun a une rangé d’arbustes, les anciens sont toujours juste au bord du tapis, moi je me retrouve rapidement 2-3 mètres derrières. Heureusement 2 jeunes demoiselles (de vrais travailleuses) sont placées devant et ramassent les poivrons de 3-4 arbustes pour permettre aux retardataires de revenir proche du tapis sans faire arrêter le tracteurs et donc les autres ramasseurs. Je vais comprendre rapidement qu’il faut picker au plus près du tapis pour éviter de faire trop d’efforts superflus. Les premières journées sont dur, on ramasse pendant 8 heures, les ¾ du temps je suis penché, le reste je m’accroupis car le dos me fait mal, les jambes aussi, changer de position devient indispensable. Les autres travailleurs sont essentiellement des voyageurs européens plus quelques asiatiques. Il y a une autre équipe essentiellement composé de personne venant de Tonga (ils seront toujours plus rapide que l’équipe « backpecker ». J’impressionne les autres en revenant des première journée en bonne forme, je ne m’en rend pas compte tout de suite, pour moi c’était ok, dur : oui, mais quel travail ne comporte pas de contrainte ?! Le premier nouveau avec qui j’ai débuté, un anglais, tournait aux poudres énergétiques, cafés, cigarettes et anti-douleurs. Sans grande surprise pour moi, il a dû arrêter après 3 jours car un de ses bras était complètement inflammé. Le suivant, un français, à arrêter le deuxième jours après 2 heurs de boulot ; trop dur : « je ne suis pas heureux lorsque je rentre du travail ». Le suivant, un autres anglais habitué au travail physique restera presque 10 jours. Moi ça y est, c’est la fin de ma deuxième semaine, je commence à être rapide mais les douleurs perdurent, que ce soit au dos ou aux jambes. Mais qu’est ce que la douleur ? Je l’ignore, je fais, je résiste, et oui j’ai gravit quelques cols qui ne me permettait pas de baisser les bras !

Le plus ancien ramasseur part, je me retrouve à être le « responsable » des backpecker, j’apprends aux nouveaux comment ramasser, j’aide les retardataires en sautant d’une ligne à l’autre (les filles ne sont plus la, il y a toujours 1 ou 2 gars devant pour aider mais cela ne suffi pas), je charge les bins du tracteurs sur le camion, je vérifie les lignes des nouveaux pour être sur qu’ils n’oublis pas de bons fruits, je jettes aussi les mauvais qui ont été posé sur le tapis pour aider Josh, je conduit même le bus le matin et le soir. Je me sens en forme, je suis volontaire et ma bonne humeur est toujours au rendez-vous. Bon pendant le travail je ne suis pas très bavard, le travail ne me le permet pas vraiment. Heureusement dans notre équipe il y a toujours eu 3 gars venant de Tonga dont 2 très rapides (Sione et Jonny) et un autre (Siuli) ayant eu un accident qui ne lui permet pas d’utiliser proprement sa main gauche. Un autre ramasseur, Jun, un chinois qui était là 1 mois avant moi ramasse aussi rapidement (essentiellement à genoux), il reste donc toujours 2 lignes problématiques, celle du nouveau et parfois celle de Siuli. Je me rend compte rapidement que Josh, l’australien qui gère le tracteur et donc la vitesse de celui-ci, va essayer d’aller toujours plus vite, toujours pousser au max ses 8 ramasseurs. Et même si il y a des nouveaux, on nous répète sans cesse que c’est un travail d’équipe, on doit donc aider les retardataires. Vous commencez à me connaître, lorsqu’il s’agit d’aider je suis le premier à le faire avec le sourire (d’autant plus vers la 3-4ème semaine lorsque les nouveaux sont de jolies demoiselles …;) ). C’est dur, de plus en plus dur, la deuxième et la troisième semaines sont un enfer mais je sais me reposer et m’alimenter. Les fermiers sont plutôt sympa, on a régulièrement des bières à la fin de la journée, on a même quelques dîners offert certaines semaines. Ils me parlent aussi d’un bonus en fonction du nombre de bins ramassés (sacré carotte, sacré âne!). Après la première semaine je commence donc à compter le nombre de bins remplis par jours. Au début on était vers les 70-80, pas terrible, les agriculteurs attendent au moins 80-90, pas de problème, on ramasse finalement 90-100 et sur la fin on descend rarement en dessous des 100 et on monte à 125 (ok on travaille maintenant 9h par jours). Il y a toujours des contraintes qui ne nous permettaient pas de ramasser toujours autant de bins, parfois les poivrons n’était pas prêts (trop vert), parfois il y avait beaucoup de fruits pourris (je ne vous raconte pas l’enfer de ramasser lorsqu’il y a plein de fruits qui pues à vomir), et à d’autre moment les arbuste étaient recouvert par des mauvaises herbes 2 fois plus hautes que les poivrons (une vrai jungle, un enfer).

Après 6-7 semaines de travail la météo annonçait une pluie de 1 semaine, le premier jours de pluie était insensé, tout le monde était à fond depuis 2 semaines, il y a quelques nouveaux qui faisaient du super travail. Les poivrons était un peu mieux qu’au début mais quand même, on ramasse 110-115 bins en moyenne par jours (environ 20 tonnes …) et là la pluie est battante, nos chaussures sont lourdes à cause de la boue, on est trempé de la tête au pied, 3 gars abandonnent au bout de 2h, Josh va plus vite que d’habitude, on est plus que 6, 1 heure après 3 nouveaux travailleurs frais arrivent ; ouf. Mais finalement l’après midi est terrible, ça va hyper vite, j’ai ma ligne mais je n’aide pas beaucoup, dimanche dernier j’ai eu mal au dos même un jours de repos, je sens que j’ai forcé la semaine d’avant à chargé les bins et aidé les potes. Et ce jours là je vois mon ami Jun à coté de 2 lents ramasseurs, il est debout depuis le début de la journée, c’est dur pour lui. Mais au lieu de ralentir Josh accélère, je vérifie les 2 lignes de Jun, on oubli des fruits, ça me met hors de moi, j’engueule Josh et lui demande de ralentir. Là je comprend qu’il veut finir la parcelle, c’est insensé, je me rend compte du boulot qu’il nous reste à faire, il pleut de plus en plus, il fait froid, il est tard. On finira la ligne avec presque 1 heure supplémentaire, on a fait 140 bins. Je me rend compte que Josh n’y est pour rien, les fermiers lui ont demandé de finir la parcelle car la pluie risquait de détruire les fruits. Nous, les ramasseurs on ne nous avait rien dit. Je me rends en fin de compte que les agriculteurs sont des « criminels », que c’était dangereux pour les travailleurs mais que ce n’est pas un problème pour eux, on est une main d’œuvre que l’on peut usé, cassé et jeté …

On est presque tous des travailleurs de bonne foi, parfois faibles mais avec la volonté de travailler. Mais on est rien, on est les obligés de ces exploitants australiens. On est parqué dans ces auberges à attendre au jour le jour selon les besoins. Certains travaillent uniquement 3-4 jours par semaines, certains 2-3h par jours, parfois juste assez pour payé le loyer de la semaine. La responsable de l’hotel promet du travail aux nouveaux même s’il n’y en a pas forcément, les agriculteurs font la même chose, ils demandent d’avoir 12 travailleurs disponibles mais n’appellent finalement que 6 d’entre eux. C’est parfait, comme ça si le travail est dur ils utilisent les 6 premiers jusqu’à l’épuisement puis ils prennent les 6 autres qui se réjouissent d’enfin travailler. L’épuisement est parfois total, les voyageurs européens ne sont pas habitués aux conditions climatiques des régions tropicales, certains ne sont pas habitués non plus au travail en général. A la fin novembre, à la haute saison, où les besoins humains sont plus important à cause de la récolte des mangues, le soleil est très puissant, les températures peuvent monté facilement jusqu’à 37-40°C. Des collègues bossant dans les entrepôt d’emballage travaillaient jusqu’à 95 heures par semaine, sans avoir vraiment le choix, si ce n’est celui d’être licencié. Vous imaginez les risques ? Un collègue Belge d’une autre ferme est décédés … mauvaise hydratation et fatigue intense. Le corps a lâché mais le mental peut aussi bien craqué. Il y a 2 ans, sans vouloir faire d’un exemple un cas général, un français à assassiné 2 autres clients de mon hôtel … Une année, des italiens sont mort dans un accident de voiture, peut être la vitesse, sûrement la fatigue.

Et vous voulez savoir le pire ? Comme vous avez du le comprendre ce sont des travails dur, très dur, alors aucun australien ne veut faire ça. Les travailleurs viennent soit des îles alentours (Fidji, Tonga, Indonésie …) soit se sont les voyageurs de pays « riches ». Sans vouloir rentrer dans les stéréotypes mais les travailleurs des îles sont souvent habitués au travail intense et aux conditions climatiques de l’Australie. De plus la quantité de citoyen de ces pays voulant venir travailler en Australie est assez importante de part l’écart important du niveau de vie (et donc de l’importance des salaires : environ 1000$AUD (660€/semaine)), alors la « sélection » est importante, seul les « meilleurs » viennent travailler. Contrairement à cette catégorie de travailleurs, nous, ces jeunes voyageurs (essentiellement européens), qui viennent profiter de la liberté et de l’aventure associé au working/holyday visa (travail/vacance), ne choisissent pas vraiment de travailler dans les fermes. La barrière de la langue, l’étendu du pays, la richesse culturelle des rencontres font que 1 an est assez court, la plus part souhaite renouvelé ce visa. Mais cela n’est pas sans condition, la condition (parfois différentes selon les pays) pour la seconde année est de faire 88 jours de travail dans une ferme. Alors oui on est volontaire mais on est insouciant, on ne se rend pas compte de la difficulté de la tache et parfois l’excitation liée aux rencontres nous aveugles quand à nos capacités. On écoute les bosses, on va au delà de nos capacité physique et/ou mental jusqu’à l’épuisement potentiellement morbide … Et tout cela connu et encouragé par le gouvernement australien !

Bon je me pleins de façon altruiste, la capacité de pouvoir écrire et transmettre des messages mais aussi la volonté pour le changement m’ont « forcé » à écrire cet article. Moi même je vais plutôt bien, et après seulement 3 mois et demi de travail j’ai pu mettre de côté environ 5000€. Toutefois des vacances s’imposaient !:) Je ne suis pas masochiste mais je me dirige vers d’autres fermes et cette foi-ci je vais chercher à être payer par bin, si je travail très dur, je ne pourrais m’en prendre qu’à moi. Mais le salaire devrais être nettement supérieur …

Good bye Home-Hell 😉

23423792_150985208981637_1485862405_o23435535_150985232314968_1813735951_n22894176_10212654291585978_1365001454003847684_n

Publicités

Un air de Cow-boy

17 mois m’ont “suffis” à traverser l’Asie, d’un bout à un autre, de la ville portuaire d’Istanbul à celle de Singapour. Cet immense continent m’a réservé de belles surprises. J’ai découverts de magnifiques pays, des paysages mais surtout des gens. Entre les cultures musulmanes de l’ouest et celles bouddhistes à l’est, sans oublier celle hindouistes au milieu, beaucoup de différences mais aussi beaucoup de ressemblances. Une évolution se faisait petit à petit, au fur et à mesure des kilomètres parcourus et non des frontières traversés. Je vous parlerais de ces différents liens que j’ai ressentis entre les différentes cultures mais plus tard.

Revenons au présent ! De Singapour j’ai choisi l’option aérienne pour atterrir dans un tout nouvel environnement. Malgré la direction : plein sud, je suis passé du « sud » (pays en voie de développement) au « nord » (ceux développés). Souhaitant continuer de rouler, après l’Asie du Sud-Est je n’avais plus le cœur à voyager dans un pays « pauvre ». Je suis donc arrivé en Australie ou je vais pouvoir rouler au milieu des « riches » et encore dans un souci d’argent, de travailler. Et oui après 17 mois à vadrouiller, même avec une humble condition de vie (300€ par mois en moyenne, billets d’avions, visas et tout le tralala), mes « économies » sont au plus bas. Suite à une étourderie et une perte de carte visa c’est avec 20$ australien (moins de 15€) que j’ai débuté cette nouvelle aventure. Simon, mon frère préféré m’a gentiment dépanné et en quelques jours j’ai pu récupérer de l’argent pour avancer dans ce nouveau pays.

Avec 1 an de visa beaucoup de possibilités s’offraient à moi, j’ai décidé de commencer par une longue traversée de l’Out-back (le désert australien). Juillet-aout étant l’hiver dans l’hémisphère sud et donc la saison sèche (sans ouragan). Dans le nord de l’Australie les conditions climatiques étaient idéales. C’est au début juillet avec un nouveau réchaud à alcool, de la nourriture pour 8-10 jours et de l’eau pour 2 que je suis parti de Darwin : destination Cairns ; environ 2500km. Je me suis donc élancé pour un périple d’environ 1 mois. Cette fois-ci, au menu, c’est camping sauvage et 3 repas à cuisiner par jours.

Le premier jour n’est pas facile, mon vélo est lourd, très lourd, ça fait presque 3 semaines que je n’ai pas roulé, je suis un peu rouillé. Il fait chaud mais pas trop, le soleil reste toutefois brulant mais pour cela je me suis équipé de super manches, d’un foulard et d’un nouveau chapeau. Sur les conseils de mon pote de Darwin j’ai fait un petit détour par un parc national où m’attendait une super piscine naturelle. Beaucoup de touristes locaux, des caravanes, des campings cars et des 4×4 tous plus gros les uns que les autres. Un petit bain et hop je repars, je veux essayer de faire les 100km par jours et débuter avec une dure journée me fait espérer des journées plus cool par la suite. Malheureusement l’après-midi la route est infernale, du sable et des vaguelettes qui me font forcer et malgré tout avancer lentement. Je vais me rendre compte plus tard que je viens de faire tout juste connaissance avec les pistes australiennes. Au milieu de cette portion de 40km de piste, une pause s’impose. Au menu : pâte, ce sera le même menu pour presque tous les midis suivant. Bien sûr vous me connaissez, les pâtes aux beurres ça ne me réussit pas donc une carotte, un oignon et des épices agrémentent le tout. C’est la première fois que j’utilise mon nouveau réchaud Trangia, la puissance de l’alcool méthylique m’étonne, ce nouvel équipement me comble, son utilisation et son prix est impeccable (je vais utiliser 1 litre en 3 semaines, 1L qui m’a coûté moins de 3$). Après une petite sieste je reprends la route pour finir à la nuit tombé près d’une chute d’eau où j’ai pu me doucher et faire un plein d’eau. Il y avait un camping public juste à côté, on me demandait 7$, autant qu’un camping-car, et pour quoi ? Le droit de dormir … j’ai donc roulé un peu plus loin et je me suis enfoncé dans le bush (forêt sèche et peu dense). La tente est juste monté la nuit est déjà là, je cuisine à la lueur de la lune et de la frontale ce qui me rend appétissant aux yeux des dizaines de moustiques. Je sens les piqûres mais j’ai la bonne surprise de me rendre compte qu’elles ne grattent pas et ne laissent aucune marque (ils existent de multitudes espèces de moustiques). Je mange bien, patates, carottes et lentilles et sûrement un peu de beurre de cacahuète sur un biscuit (Weet-bix, mes nouveaux compagnons de voyage) et passe une super nuit.

Pour les 30 jours restant vous pouvez presque faire un copier-coller de cette première journée. Les décors changent un peu, une végétation très présente et qui varie, je ne me lasse donc pas. En quelques jours je retrouve une bonne forme physique et je suis de plus en plus efficace en cuisine sauvage. Les jours suivants le premier se font sur route, je fais connaissance avec les roadhouses (restaurant/hôtels de bord de route), les road-trains (des camions à 3 ou 4 remorques qui vont jusqu’à 50 mètres de long) et les grey-nomads (généralement des retraités australiens qui vivent dans leur caravanes ou camping-cars et vont d’air de repos en air de repos). La gestion de l’eau est plutôt facile, il y a des citernes en bord de route ou des petites bourgs tous les 50km, royale ! A la fin du 5ème jour je passe par la dernière grande ville qui possède un supermarché avec des prix pas chers, pour la suite je m’attends à 2/3 fois le prix supérieur. Je fais donc un plein de nourriture en fonction de ma consommation des jours précédent. Je me dépêche, la journée est bien avancé, je veux sortir de la ville pour camper. Finalement en sortant je vois une dame tourner autour de mon vélo, j’engage la conversation, elle me demande où je compte dormir, elle me dit qu’elle connaît un camping pas chère. Je suis un peu fatigué, je décide de la suivre. Finalement je l’entends parler français à son compagnon, ce sont 2 français d’une soixantaine d’années qui voyagent à vélo ! Et pour finir un autre jeune cycliste français est à l’auberge. On cuisine et mange ensemble, la soirée se fini tard, le lendemain je ne roulerais pas ! C’était une bonne pause, quelques informations pour rouler en Australie mais surtout beaucoup d’anecdotes de voyages et une super compagnie pour un jour de repos. Je n’ai pas eu beaucoup d’informations sur la route qui m’attend mais les quelques infos glanés ne sont pas encourageantes.

Toutefois je repars en pleine forme, autant physiquement que moralement. Après un jour sur la voie principale je prends la route pour le parc national de Limmen. J’ai environ 700 km pour rejoindre le premier bourg. L’aventure le long de la « savannah way » commence vraiment. Voyager isolé des gens est agréablement associé au voyage avec la vie sauvages. C’est donc avec bonheur que je roule avec des oiseaux de tous genres, ça va de l’aigle géant au petit perroquet vers, en passant par le cacatoès blanc et bien d’autres encore. J’ai aussi découvert les fameux kangourous et wallabies (plus petits). Je n’oublie pas les effrayants serpents et les nombreuses autres reptiles et batraciens. Heureusement je n’ai pas croisé la route des croc’, mais la sécurité m’obligeait à ne pas me baigner dans les nombreuses rivières que je traversais. Je faisais mes réserves d’eau potable dans plus part de ces cours d’eau lorsque les locaux me confirmait la qualité de l’eau. Je faisais cela rapidement et aux aguets en prévision d’une attaque de crocodile:). Lorsqu’il n’y avait pas de rus, ou lorsque l’eau était saumâtre, les touristes en caravanes me proposaient régulièrement de l’eau. Si la nature m’enchante la route me fatigue et le vent m’achève. Et oui le Limmen n’est composé que d’une piste en tôle ondulé avec de jolies bacs a sable. Un enfer, je roule 80km et je roule toute la journée. Heureusement le moral est au beau fixe, lorsque je me retrouve stoppé par le sable à devoir pousser mon vélo j’en rigole, j’ai parfois l’impression que les oiseaux se moquent de moi donc des fois je peste mais une fois en selle tout vas bien. Enfin jusqu’à ce qu’un rayon casse et me fait me rendre compte que ma jante arrière est craquelé à différents endroits. Je change le rayon et colle les fissures en espérant que ça tienne. C’est peut être de ma faute, mes rayon étaient sûrement trop tendu et mon pneu trop gonflé, je règle ça mais ma roue est morte. Heureusement le soir un couple d’Hollandais et d’Anglais m’invite à dîner, une super soirée, bière, vin rouge, beaucoup de nourriture et même un gâteau (scones) cuit au feu de bois ; ils appellent ça le « glamping », c’est à dire le « camping glamour ». Je repars donc en forme mais inquiet pour ma roue, je roule plus prudemment.

Finalement 2-3 jours plus tard (je commence à oublier ma roue arrière), âpres avoir fait le plein de nourriture dans une petite ville j’arrive dans une ferme en plein milieu du bush australien. C’est un élevage de vaches à viande géré par une famille aborigène (je les avais contacté via le réseau « woofing »). A 700km de Katherine et 700km de la prochaine petite ville suivante, c’est un bon endroit pour me reposer. L’accueil est super, je suis censé travailler mais Frank m’invite a juste me reposer. Je me repose bien mais j’aide quand même pas mal. J’ai passé 3 jours géniaux, mais je décide de ne pas rester plus longtemps, je veux trouver du travail avec un salaire maintenant. Frank me dépose dans une communauté, ça m’évite presque 100km mais pour rejoindre la route principale la piste est encore pire que celles précédentes ; des voies d’eau profonde, du sable partout, des gros cailloux … je crois que c’était la pire route de mon voyage, heureusement il y avait moins de 10 km. Je retrouve la route principale, je m’attendais à une bonne piste … raté c’est toujours sableux et ces vaguelettes commence à m’énerver. Ça casse mon vélo, mon dos et mon morale ! Ça dure pendant 200 km au moins mais je passe finalement dans l’état de Queensland, la route est goudronné, Alléluia ! Bon il y aura encore des portions de pistes infernales, les rivières ne sont plus potable et le vent est plus fort. C’est pas les vacances mais je sens que j’arrive au bout de l’enfer, notamment après avoir passé la roadhouse nommé « Hell’s gate » (« la porte de l’enfer », et oui c’était heureusement la porte de sortie).

J’arrive finalement à Normanton, une petite ville ou je fais des provisions et récupère à la poste des papiers nécessaire pour travailler. Uniquement de la route goudronnée en prévision, j’ai roulé plus de 1500km en Australie mais il me reste toutefois plus de 700km jusqu’à Cairns, la première grande ville avec un super-marché au prix raisonnable. Mes deux derniers arrêt shopping se sont fait dans des petites supérette et cela m’empêchait de me faire des petits plaisirs alimentaire. J’ai toutefois trouvé du combustible pour mon réchaud juste après avoir consommé la dernière goutte de ma première bouteille, j’avais donc le luxe de pouvoir plus cuisiner. J’ai donc acheter de la farine et depuis je cuisine mon pain, des chapatis ! 5-6 chapatis (pains plats indiens) pour le dîner et le petit déjeuné. Accompagné de sucre et de citron (qui me rappelait des souvenirs de l’Inde il y 4 ans )voir du chocolat-lait de coco que je préparait c’était royale !

Mon dernier arrêt c’est fait a Mt Surprise où j’ai donné un coup de main dans un camping en échange du gîte et du couvert. C’était qu’un demi-repos mais ça fait du bien et j’ai fait de bonnes rencontres. Je bataille un peu avec l’accent australien, j’écoute plus que je ne parle mais les gens sont sympa, je prend des infos et des contacts pour le ramassage des fruits. J’aide aussi un dame à ramasser les poubelles et je me fait mon premier billet de 100$:). Après 3 jours de repos, toujours pas de vrai boulot je reprend donc la route vers Atherton où une famille de warmshower m’attend et m’accueille chaleureusement. Et cette fois-ci je n’ai pas besoin de travailler en échange du logement. J’en profite pour nettoyer a fond mon vélo, j’ai plein d’outils à disposition, je nettoie donc les roulements de ma roue arrière (qui à l’aire de tenir bon malgré les différentes fissures) et de mon axe de pédalier. Je répares ma gaine de câble de vitesse qui avait cassé quelques jours plus tôt. Steve m’aide à réparer ma béquille qui avait cassé en Inde, il y a très longtemps. Je change aussi ma chaîne qui était complément fichu et qui commençait à ruiner mes vitesses. Je me rend compte cette fois ci que l’Australie est chère, très chère, je change donc la chaîne mais pas la cassette. Ça ne le fait pas vraiment, je ne peux pas me servir de mes petites vitesses. Heureusement à Cairn, après un autre petit trajet en voiture, un gars d’un magasin de vélo me donne la petite vitesse que je peux changer, j’espère que ça me durera jusqu’à Melbourne : ma prochaine destination. Ou du moins jusqu’à ce que j’ai trouvé du travail …

Voici les photos :

Un petit tour en Malaisie

La longue route en Thaïlande m’a mené en direction du sud, chez les Malais. Finalement je ne suis pas entré vraiment en contact avec les malais tout de suite. En effet après 2 demi-journées de vélo, et une petite nuit en tente sur un parking, je suis arrivé sur l’île de Penang, sur le détroit de Malacca. Cette île hyper développé et bétonné est même relier par 2 ponts, un de 9 km et le second de 17 km au dessus de la mer. Bien sur une île « accessible » à vélo ne pouvait être qu’attrayante.

P1060197

J’ai donc pris les 2 ponts, car je n’aime toujours pas les demi-tour. C’était un peu dangereux (surtout le premier) et aussi interdit. Ce qui devait arrivé arriva, je me suis fait arrêter en plein milieu du grand pont. Mais après m’être excusé, je me suis fait escorté gentiment jusqu’au bout et vu ma vitesse (j’avais la vent de le dos) les policiers m’ont félicité et on demandé une poignée de main. Cette seconde traversé, à la fraîche, était particulièrement agréable.

Je n’ai pas tout de suite rencontré des malais car entre ces deux ponts, je suis resté sur l’île deux semaines pour aider deux jeunes femmes d’origines chinoises dans leur micro-ferme bio. L’expérience était très enrichissante, j’ai appris beaucoup sur la flore locale, sur l’agriculture sous climat équatoriaux et la culture chinoise (notamment la cuisine). Mais j’ai aussi fait des mulchs, fabriqué des tables (je me suis même écraser un doigt), cuisiné, installé des lignes électrique, collecté du miel d’abeilles noirs (elles ne piquent pas mais mordent très fort) …

18519631_10156232180882796_3640249162920637178_n18557465_10156232186812796_1792490833579532081_nIMG_3564

Repas improvisé parce que je voulais faire des burger et tarte banane chocolat lors d’un repas hebdomadaire à la ferme.

P1060116P1060124P1060199

Marché mensuel des producteurs locaux et vues de Penang côte ouest et côte est.

La cote est de Penang, qui fait face à la péninsule est très développé ce qui casse le charme de l’île verdoyante. Son développement est principalement dû aux échanges maritimes dirigé par les hollandais puis les anglais. Aujourd’hui beaucoup de marchandise viennent directement de l’Inde, qui n’est pas si loin. La culture indienne est donc très forte ici mais aussi dans tout le pays. Il y a des quartier appelés « little india » dans toutes les grandes villes. Il y en a un sur Penang, à Georgetown. Cette ville possède un charme incroyable, il y a beaucoup de vie, un incroyable mélange culinaire et culturel (chinois, indien, malais, colonial …) et l’art colore les murs du centre historique. C’est d’avantage dans la ville d’Ipoh, sur la péninsule et dans les terres, que j’ai profité de ce mélange culturel et artistique. La ville est plus petite et moins touristique, j’ai adoré.

P1060159P1060163P1060171

L’art de rue à Georgetown et son contexte, l’homme et ses déchets sont toujours pas loin

P1060214P1060201P1060207

Du côté d’Ipoh c’est plus calme, plus charmant(e)

P1060217P1060238P1060261

Toujours à Ipoh et aux alentours où l’art prend différentes formes.

Mon idée pour la suite était de faire du bateau stop pour rejoindre l’Australie. Malgré le fait que des amis cyclo m’ont montré que c’était possible, j’ai rencontré un skyper et eu d’autres écho qu’il fallait beaucoup de temps et de chance. Je n’avais malheureusement plus trop le luxe du temps et de jouer avec ma chance. J’ai donc décidé de prendre un billet d’avion à prix très réduit fin juin pour l’Australie, avant la flambé des prix de juillet-août. Et finalement qu’est ce qui est le mieux (suivant mon éthique) ? Glané sur un bateau avec de riche européens ou australien en allant tranquillement d’île en île et de marina en marina ou prendre un avion ? Je pense que le bateau est peut être encore d’avantage un luxe de riche … souvent de passionnés mais probablement de passionnés riche. A discuter 🙂

Quoi qu’il en soit je suis reparti d’Ipoh, avec un billet en poche, mais je ne suis pas allé bien loin, ayant changé ma chaîne sans la testé je me suis retrouvé dans l’impossibilité de pédaler et de faire avancer mon vélo. Qu’est ce qui ce passe ? Après 15 mois et plus de 20000km de vélo les plateaux étaient complètement usés. J’ai donc demandé à un super vélociste chinois de me changé chaîne, plateaux et cassettes. Après ce faux départ j’ai pris la route direction Tioman Islande. Je suis passé par les Cameron Highland, une petite chaîne de montagne où le décors varie de la culture de thé à la culture sous serre. C’était bien moche et surtout, à mon avis, catastrophique pour l’environnement. J’ai continué mon chemin à l’est, à travers les vieilles forets tropicales, accompagné des singes et des chants d’oiseaux. Cette partie centrale de la Malaisie est habité essentiellement par les malais, je les rencontres enfin ! « Malheureusement » ils sont quasiment tous musulman et le ramadan vient juste de débuté. Malheureusement parce qu’il m’a été difficile de trouver de quoi manger le midi. Plus à l’est encore la belle foret a laissé place à la triste monoculture de palmier à huile ; à droite, à gauche, devant, derrière … et bien il n’y a que ça !

Enfin sur la côte, j’ai un peu poussé sur le vélo, je crois que je suis fatigué, physiquement mais aussi psychologiquement, il faut que je me pose, longtemps, vivement l’Australie. Mais en attendant j’ai pris un bateau en direction de Tioman, une île cette fois ci très peu développé où la jungle rencontre le corail. J’ai donc profité d’un petit chalet et de la mer. J’ai fais un peu de plongée sous marine et une petite rando dans la jungle avec les varans, les python et toujours les singe. Mais j’ai surtout beaucoup utilisé mon hamac et lu mon bouquin.

P1060305P1060313P1060324

Tioman Island où ma petite île paradisiaque

Avant de quitté ce beau pays j’ai enfin eu la chance de voir un toucan, depuis l’Inde je les cherches, je crois les entendre mais aucun ne s’était montré. Mon avion partant de Singapour, j’ai passé mes deux derrières semaines en Asie à faire du volontariat chez une maman anglaise et son ado à cuisiner des pains au levain, expérimenter la culture de pro-biotiques et cuisiné.

P1060380P1060385P1060360

A Singapour les maisons traditionnelles et les belles ruelles laissent de plus en plus la place aux grattes ciels et aux centres commerciaux …

P1060390P1060396P1060362

Du coup ils parquent la nature mais attention elle est toujours plus puissante que nous.

 

Mauvaises expériences touristiques

Comme certain le savent je suis actuellement en Malaisie à quelques encablures de Singapour. J’avance assez vite, je vous l’accorde, peut-être un peu trop d’ailleurs. Mais pour écrire je suis beaucoup plus lent, j’ai besoin de réflexions car je ne veux être sûr d’être le plus objectif. Du coup je rédigerais un article sur la Malaisie plus tard.

Aujourd’hui je veux vous parler de mon voyage au Cambodge et au Laos. Pour vous situer, ces deux petits pays sont enfermés entre la Thaïlande à l’ouest et le Vietnam à l’est. La chine ferme le nord du Laos et l’océan borde le sud du Cambodge. Leurs points communs sont : une colonisation par les français, pays très pauvres avec une économie basé sur l’agriculture et le tourisme, où des grandes entreprises chinoises, sud-coréennes ou autres s’implantent, pays où la corruption fait rage et où l’alcool coule à flot. Leurs différences : le Laos est un pays ouvert au tourisme depuis assez longtemps, c’est un pays de montagne où différentes tribus sont installées et le Cambodge est un pays ou l’histoire récente des Khmers Rouges n’a permis une ouverture internationale que récemment et le pays dispose en son centre un immense lac de mousson qui peut quintupler de volume et où vivent une grande communauté de vietnamiens ayant fui leur pays.

Un pays pauvre ne veut pas forcément dire un pays avec une économie locale catastrophique. Mais dans ces deux pays j’ai constaté un gros problème monétaire. En effet il n’y a presque aucune production d’objets ou d’aliments transformés. L’essentiel des produits transformés sont importé de principalement de Thaïlande mais aussi de Chine et du Vietnam. De plus les entreprises étrangères ont mis le grappin sur les attractions touristiques principales, sur la construction des  nouvelles infrastructures et sur certaines ressources. L’agriculture très peu modernisée (un atout pour l’environnement ? ça c’est un autre débat !) et la pêche sont très sensibles aux conditions climatiques, les récoltes sont donc très instables. Et pour finir la corruption se charge du reste.

Je vous donne des exemples : Au Cambodge une entreprise est en charge du port à Siam Reap pour faire visiter le village flottant le plus proche. Un contrat avec le gouvernement leur a laissé tous les droits, ils font la loi, fixe un tarif exorbitant pour un petit tour de bateau qui amène les touristes sur une immense barge coréenne pour le couché de soleil. Il n’y a aucune possibilité d’aller visiter le village par un autre moyen, la concurrence n’existe pas. Au Laos, de belles cascades au milieu d’une île du Mékong, un allemand l’a acheté et a installé son office de ticket à l’entrée du seul pont qui relie l’île à sa voisine, et y a fixé un prix fort. Il y a aussi les barrages chinois et les plantations issus de la déforestation orchestré par de riche chinois en contournant les lois (Ils payent des prête-noms locaux et ont tout un stratagème pour brûler la forêt et replanter quelque chose de profitable).

Du coup il reste quoi pour les locaux qui souhaitent monter un petit business ? Ouvrir un restaurant ou un petit hôtel pour les touristes car il y a bel et bien un marché. Mais le tourisme est très instable et vu que tout le monde a voulu ouvrir son business en quelques années la demande à rapidement dépasser l’offre (trop d’hôtel et de restaurants et peu de touristes). Pourtant il y a des scolarisations à payer et une famille à nourrir et peut être des micro-crédits à rembourser. Peu de client mais toujours des touristes en vue, des touristes riches, avec les portables derniers cris, le gros sac à dos débordant de fringues et d’équipements techniques et le dernier objet à la mode : le drone ! Alors des envies doivent aussi se faire sentir.  Vous imaginez la suite ? Il faut alors batailler ! Il faut être alerte, dire bonjour, sourire, inviter les touristes à s’asseoir, faire des petites blagues, parler 2-3 mots de français, allemand, chinois, russe ou autre … se démarquer en un mot. Ça c’est la technique qui plait au touriste, c’est flatteur, sympathique et semble authentique. Mais ça ne s’arrête malheureusement pas là. Les restaurants « pour touristes » vendent des quantités moindres (parfois le riz collant est vendu le prix « habituel » mais la quantité est 4 à 5 fois moindre), les vendeurs de rues changent les prix (au Cambodge ils arrondissent tout à 1$, depuis l’arrivée de l’ONU le dollar américain est monnaie courante), les hôtels vendent de l’eau au prix fort, beaucoup mentent …  et encore je ne vous parle pas des compagnies de bus et des taxis qui sont les rois de l’arnaque. Il y a aussi tous les problèmes entres locaux, le business qui tourne bien peut être fermé par la police a coup de bakchich par exemple. Bref la liste est longue …

Certains locaux me font comprendre que je suis riche, je vis dans un pays ou le salaire minimum est d’environ 1000€ par mois alors que le leur est de 50-75€. Alors oui des fois j’accepte de payer 15/20% du prix en plus, pour certaines raisons je suis privilégié, j’en ai conscience alors j’accepte. Mais je continu de ne pas comprendre l’intérêt d’une telle affaire. Si les prix sont trop forts pour les locaux, par exemple dans un restaurant, alors il n’y aura pas de locaux et donc peut  de client. Si les prix sont normal il y aura des locaux, donc beaucoup de clients, donc un business honnête et en accord avec le développement économique du pays. Les gens ont l’air de chercher le groupe de touristes qui avec 2 nuits ou 2 repas vont suffire pour une semaine, profiter sans vraiment travailler.

Les locaux essayent donc de gagner beaucoup avec peu de clients, ils font des tentatives à des prix exorbitants. Certaines fois le touriste, parce qu’il ne sait pas, paye 5 fois le prix sans le remarquer, mais le local lui remarque que le touriste n’a pas remarquer et ça l’incite à recommencer. Le prix est trop fort le touriste négocie, ils négocient dur, il a l’argent, il a le pouvoir, il le sait, il peut simplement s’en aller. Les locaux augmentent donc les prix. Le touriste négocie de plus belle. C’est le cercle vicieux de la négociation. Je peux comprendre le jeu de la négociation pour les biens matériels, vêtements ou artisanat, voir pour les hôtels mais je ne pensais pas devoir être obligé de négocier la nourriture car à certains endroits aucun restaurant ne donne une quantité suffisante pour un cycliste ou un travailleur affamé.

Et la police, le gouvernement, ils  contrôlent tout ça, essayent aussi de se faire un maximum d’argent au passage sans freiner l’arrivée des touristes sur le territoire. Le gouvernement, lui, prend l’argent des visas et convoitent l’argent des hautes sphères, notamment les compagnies étrangères mais aussi certains fond d’aide au développement ou à la protection du patrimoine. Il y a aussi les lois sur la sécurité et la protection des touristes qui interdit au personne possédant un visa touriste de camper, de dormir chez l’habitant ou dans les temples. Apparemment ça peut être dangereux et un accident de touriste peut être catastrophique pour l’économie … c’est plutôt que ça assure que le touriste continu de dépenser. Et pour cela la police à l’air d’être sévère envers les locaux. Plus directement la police est source de beaucoup d’arnaques, aucun local ne porte de casque sur une moto mais c’est l’amande assuré pour le touriste. L’absence de permis, mais c’est surement le cas pour les locaux aussi cette fois-ci est réglé à coup de bakchichs. Le passage à la frontière est presque à chaque fois soumis à un excédent de 1 à 5$ (il y a toujours moyen de ne pas payer !).

Du coup l’ensemble de la population vie dans un environnement économique mais aussi sociale compliqué. Il est difficile de vivre pour certains, la fin de la saison sèche, surement la plus dure de l’année, m’a montré des personnes maigres, sous-alimentées. Pour d’autres un peu plus riche, vu que l’argent ou le travail peut partir aussi vite qu’il est arrivé ils le dépensent dans l’alcool ou la drogue. Cette consommation est devenu un indicateur de richesse, il faut boire jusqu’à être totalement ivre et faire la fête tous les jours pour montrer qu’on est dans la réussite. Là-bas l’alcool est très chère, moins chère qu’en France d’accord mais pour les locaux, notamment la bière, c’est hors de prix. Pourtant le touriste lui en bois beaucoup, c’est peut-être pour ça que c’est devenu un signe ostentatoire de richesse. Peut-être aussi pour certains c’est un moyen d’oublier une vie et un passé douloureux …

Quoi qu’il en soit, ces pays sont petits et l’ensemble de la population est au courant que le touriste consomment de la bière presque tous les jours, payent les prix forts sans problèmes, utilisent des drones dernier cris et tout ça « sans travailler ». Du coup l’ensemble de la population commence à avoir un seul et unique avis sur le touriste blanc (facilement différentiable) : le touriste est riche, très riche. Et ça tout le monde à l’aire de l’admettre. Et cela m’a fait ressentir de la part d’un grand nombre de locaux qu’ils se partagent entre 2 sentiments, soit ils envient le touriste soit ils le haïssent.

Et moi, et bien je suis blanc et français … alors j’ai beau avoir des t-shirt délavés, des chaussettes usées et voyagé avec un simple vélo, les locaux me voient comme les autres : riche, alors ils m’envient ou me haïssent. Et j’ai ressenti beaucoup de ces regards réprobateurs et haineux, j’ai eu honte parfois, je passais dans les villages mais pédalais plus vite pour éviter leurs regards. Parfois je me sentais encore plus coupable d’être à vélo, à « souffrir » une montée pour mon plaisir alors qu’eux souffrent pour survivre.

Cela parce que je suis blanc français ? Même si j’ai eu beaucoup de peine à certains moments je sais aussi qui je suis (enfin je sais plus ou moins qui je veux être :)) et ce n’est pas le regard de l’autre qui doit me tromper, d’autant plus si le sien est troublé. Je me suis quand même beaucoup remis en question et ça me laisse dubitatif sur notre condition de citoyen français et comment l’économie actuelle fonctionne. On l’utilise pour convoiter les ressources (limitées) de notre planète pour développer notre pays, notre bien-être et notre savoir. Mais ne l’utilise-t-on pas aussi pour contrôler voir manipuler certaines idées afin de conserver une supériorité sur les autres ? …

« L’homme se base sur ce qu’il voit, sur ce qu’il perçoit. Et parfois l’image que l’on montre de soi est différente de l’image que l’on porte sur soi. » (Vous vous souvenez ?) Et parfois l’image que l’on a de l’autre est éloignée de ce qu’il est vraiment. Des stéréotypes et des préjugés, quel qu’ils soient, s’ils sont encrés en nous ils peuvent nous tromper et blesser l’autre sans pour autant le vouloir. Stéréotypes, préjugés, images, couleurs, idées (religions ?) … il faut faire attention à tout cela car il est facile d’avoir une vision troublé. Et une vision troublée conduit inévitablement jusqu’à l’accident …

J’ai essayé de vous expliquer pourquoi je n’ai pas trop aimé voyager au Cambodge et au Laos. Bien sûr j’ai aussi rencontré des personnes superbes et en rien je ne veux juger et les touristes et les locaux.

PS : Promis je mets des photos dans le prochain article 🙂

Rédaction d’impressions

J’aimerais en dire plus sur l’aventure que j’ai eu dans les temples. Mais il n’est pas toujours facile de mettre des mots sur des impressions ou des sentiments. Ça vaut aussi pour l’ensemble du voyage. J’ai toutefois réussi à rédiger trois petites impressions que j’ai eu dans ces temples et que j’ai envie de partager.

La première est qu’il a été difficile pour moi de ressentir le côté spirituel et puissant que j’ai pu expérimenter dans des temples bouddhistes installés sur les contreforts de l’Himalaya mais aussi dans certaines églises ou mosquées. Je pense que cela est principalement lié au silence, ou plutôt au non-silence. Les temples bouddhistes thaïs sont en effet plutôt bruyants, les gens parlent, racontent des blagues, traines des pieds … même lors de certaines prières. C’est surement dû à mon histoire, aux églises silencieuses visitées de temps en temps dans mon enfance, que j’associe le silence à la religion voir à la présence divine. Rassembler un grand nombre de personne dans le silence est-il divin ? Les autres rassemblements que je connais, concerts, matchs de sport, manifestations … sont plutôt bruyants. Mais ce n’est pas le seul fait qui me fait dire que ces temples étaient éloignés du Bouddha originel. Dans tous les temples j’ai vu des gens fumer, des personnes corpulentes, des moines jouant sur leur téléphone à des jeux (souvent des jeux violents) …  D’autres portent des habits de marques et ne vont pas faire l’aumône pied nus. Pourtant lors de ma première expérience dans un temple bouddhiste il y a 10 ans je me souviens qu’il était précisé que les plaisirs (jouer, trop manger, fumer …) et la luxure étaient proscrit. Bien sûr il s’agit de moi, quelqu’un qui n’appartient à aucune religion qui fait ce constat. Cela vient notamment de comparaisons que je peux faire avec les bouddhistes que j’ai rencontrés en Inde ou au Népal et leurs temples qui dégage une certaine puissance spirituel.

Mais ce ressenti premier n’enlève en rien, pour moi,  le côté important (voir indispensable ?) que le temple a vis-à-vis de la société. En effet, les moines, un peu moins chez les moine-chefs, sont des hommes marqués par la vie. Beaucoup arbore des cicatrices et pour beaucoup leurs regards ne trompent pas, ils ont un vécu, un passé douloureux. Certains m’ont parlé de leur vie d’avant mais que de certaines choses, des choses bien. Mais je peux, presque avec certitudes deviner certains faits qui ont pu les pousser à porter l’habit orange. Cela peut être à la suite d’un accident, d’un crime, de dette, de perte de la famille, d’addictions … Je ne connais pas le politique thaïlandaise, peut être que certains ont été obligé de choisir entre le temple ou la prison, peut-être que leur vie était menacé, surement pour un certain nombre la pression de la famille est rentré en jeu. Quoi qu’il en soit, porté l’habit du moine était un choix pour eux, plus ou moins facile, mais cela reste, pour moi, un choix courageux et respectable. Cette possibilité, le regroupement et surement la compréhension par les autres à surement fait de ces hommes, hommes cassés ou hommes mauvais, des hommes bons ou du moins des hommes recherchant la bonté. Et je pense que c’est une chance et un progrès d’avoir ces lieux dans une société. J’ai surtout vu ces hommes dans les temples reculés, les temples de campagne. J’ai aussi eu ce même genre d’expérience dans des temples Indous.

La dernière idée est la plus « simple ». Un Homme est un Homme (ça marche aussi pour les femmes !). Chacun est unique, chacun a ses qualités et ses défauts. L’Homme est sensible, il évolue, il se remet en question, il fait des choix. Ce n’est pas parce qu’un homme prêche de bonnes choses qu’il est un homme bon. L’inverse est aussi valable. L’homme se base sur ce qu’il voit, sur ce qu’il perçoit. Et parfois l’image que l’on montre de soi est différente de l’image que l’on porte sur soi.

Je vous laisse sur ces derniers mots et développerais d’avantage cette dernière impression dans un prochain article, qui devrait arriver prochainement.

La Thaïlande vue par ses temples

J’avais prévu de rester longtemps au village mais pour différentes raisons j’ai décidé d’entreprendre un long périple pour la frontière avec la Malaisie. Mon visa m’accordait encore 17 jours (moins les 2-3 jours en cas de pépin) et j’avais plus de 1800 km pour traverser toute la Thaïlande. J’ai décidé de tenter l’expérience pour pousser un peu plus mes résistances physiques et voir comment réagissait mon moral sur la durée. De plus ça me fait un bon entrainement pour l’Australie.

Etant donné que je devais rouler environ 130 km et qu’entre 11h et 15h avec plus de 40°C il est difficile de rouler je ne pouvais pas espérer chercher des hôtels très bon marché ou même planter la tente. Vous devez vous douter qu’après 15 mois de voyages malgré mes faibles dépenses mes réserves commencent à être à sec. J’ai donc décidé de débuter mon aventure en demandant le gîte dans les temples bouddhistes. Ca a tellement bien marché que j’ai eu le besoin de vous raconter mes aventures avec les moines.

Vous trouverez donc ci-dessous mon petit périple de 13 jours, uniquement mes expériences au sein des temples. Même si je n’ai pas toujours écrit au jour le jour, il faut bien vous dire que mon état de fatigue a surement altéré mes ressentis et l’image que je donnais en arrivant dans les temples. C’était surement le cas pour les premiers temples (le temps de prendre le rythme) et les derniers (je commençais à être bien fatigué physiquement). Il s’agit donc bien de ressenti et en aucun cas d’une approche totalement objective.

Il s’agit d’un long texte mais si vous voulez comprendre un petit peu l’attitude actuel dans les temples bouddhistes en Thaïlande je vous invite à tout lireJ. En effet chaque temple est unique, d’aucun se ressemble. Il y a des gros temples, des petits, des riches, des pauvres, des ruraux, des citadins, des propres, des sales, … Toutefois aucun ne m’a refusé l’hébergement. Je demandais juste un toit (voir un ventilateur) et de l’eau pour me laver et a boire mais bien souvent j’ai reçu bien plus. Les moines mais aussi des fidèles ont partagé avec moi leur nourriture, leur compagnie, leurs connaissances, leurs rituels, leurs chants et bien plus encore. Une chose est (presque) sur, les moines sont humains, ils ont leurs caractères et leurs spécificités, ils ont des qualités et des défauts, il y en a avec plein de bontés et de compassion, d’autre en ont moins ; mon analyse me fait penser que la plus part reflètent les caractères de leurs fidèles tout autant qu’ils influencent eu aussi les fidèles. Le manège infernal de l’influence de l’homme sur l’homme, lui-même homme … Le temple étant un lieu majeur dans la vie quotidienne des croyants (une bonne majorité des thaïs), les échanges de savoirs et d’idées sont importants ; il en résulte la création d’états d’esprit, de philosophie voir idéaux. Je pense que c’est pour cela que j’ai ressenti des expressions et des sentiments forts (positifs ou négatifs voir d’indifférences) de la part des moines envers moi. Mais qui du  « moi » ? Touriste, cycliste, grand, blanc barbu, aux cheveux longs, français, 25 ans ou encore Arthur Poulain ? Ça c’est une autre question et un autre débat que j’essayerais d’aborder dans un prochain article. Sur ce bonne lecture =)

Temple 1

Petit temple dans une petite bourgade, 4 moines.

Je demande dame puis à un premier moine son accord pour planter la tente dans le jardin. Il est d’accord. Je monte la tente et quelques minutes plus tard quelqu’un vient m’ouvrir une salle de prière ou d’enseignement. Je replis mon matériel et migre.

A peine installé et j’entends un « Bonjour ». Un des moines parlent bien le français mais son anglais est moins rouillé, on parlera donc essentiellement dans la langue de Shakespeare. Je vais discuter toute la soirée avec lui, il a travaillé sur le chantier de l’aéroport à Bagdad, il y a près de 40 ans. Chantier géré par des français et des belges qui lui ont enseigné le français. Il connait beaucoup de chose, même Huai Tum Tum le petit village de 300 habitants il sait à combien de kilomètre il se trouve du temple (145 ; longue journée 😉 ). Les conversations restent basiques. Je vais prendre ma douche pendant qu’ il va chercher son ordinateur pour me montrer l’aéroport de Bagdad, son super vélo, ses voitures et son balcon fait main, je lui montre Angers vue par Google earth. Il est surpris par la couleur de la toiture, je lui parle donc un peu des ardoises. Entre temps je mange mon riz collant et les brochettes de porc qu’il me restait de Huai Tum Tum, je fais aussi le plein d’eau potable. Ils m’ont données pleins de petites bouteilles d’eau minérale mais après avoir posé la question ils m’ont indiqué une réserve issu d’un système de filtration. Le moine-chef m’offre un gros gâteau fruit confits – œufs – autre farce ; ça nourri bien mais l’harmonie des saveurs ne me convient pas trop (j’ai quand même été bien contant de l’avoir le jour suivant).

Le matin le moine francophone partage sa nourriture et me donne du riz collant, 3 œufs durs, des gâteaux, des mama (nouilles rapides) et un chocolat lyophilisé. Il me reparle aussi des ardoises des toits angevins et me questionne sur leur système de fixation !

 

Temple 2

Situé dans un petit village, excentré de la route principale ; 4 moins et 3 jeunes.

Super accueil, on me met direct dans une chambrette avec ventilo et matelas. On m’indique la douche, je m’y précipiteJ. Le moine en chef est assez jeune mais son anglais est très limité. Il m’offre des Maggi et un délicieux carpaccio de crevette, citron vert et autres épices, c’est pimenté mais je me régale. Je refuse le café. Il est rapidement 19h30, il me souhaite bonne nuit, très bien je suis aussi crevé.

Au matin je prends mon temps, j’émerge vers 5h30 et j’observe les moines partir faire dans le village en quête d’offrande. Un dernier s’occupe de nettoyer la cours. Ils rentrent rapidement avec 2 chariots remplis de différents petits plats et des sacs-récipients rempli de riz. Avant de partir ils m’ont bien dit d’attendre pour manger avec eux. Je fais attention à l’heure, je ne veux pas partir sous le soleil brulant mais je ne veux surtout pas raté mon premier repas partagé avec les moines. En attendant je fais le plein d’eau. Tout le monde est rentrés, la table est mise pour 4, les plus âgés s’assoient et récitent une prière avant de manger. J’ai faim et l’heure tourne, je suis un peu jaloux ! Je reste toutefois tranquillement assis à côté à regarder dehors, méditer un peu. Dès qu’ils ont fini ils m’invitent de venir manger. J’y vais, les jeunes me rejoignent avec une autres personne en habit normal qui aidait depuis ce matin (surement un démuni volontaire). C’est délicieux, il y a de tout ! Je prends ce qu’il y a devant moi, cela me convient très bien. Il est bientôt 8h, il faut que je parte. Je remercie les différents moines et juste avant de partir on me donne une vingtaine de petites bananes pour la route ; quelle générosité !

Temple 3

Au abord de quelques maisons mais plus dans la jungle que dans le village ; 2 moines (dont 1 assez jeune).

Au bout de l’allée, j’aperçois du monde et demande à passer la nuit. L’accueil est particulier, ils se demandent ce que je peux bien faire là. J’essaye de leur demander si je peux être hébergé quelque part, je fini par demander si je peux camper. Ils sont d’accord et après m’avoir vu déplier ma tente ils me proposent une pièce dans une petite cabane. J’accepte la cabane en cas de pluie diluvienne. Je prends ma douche, je rigole beaucoup avec une troisième personne (sans l’habit orange). On s’est mal compris lorsque j’ai demandé où était la douche et s’ils avaient de l’eau chaude pour faire des Maggi, il pensait que je demandais une douche chaude. Le moine âgé me donne une poudre pour un repas que j’ajouterais à mes nouilles rapides (plus quelques petites graines et autres ingrédients frit que j’avais de côté pour améliorer le tout). Sa poudre a bien alourdi le tout, c’était plutôt bon et surtout nourrissant. Entre temps ils sont partis faire des « courses », je ne les ai pas revus avant que j’aille me coucher.

Je me lève vers 6h, les muscles engourdis. Le vieux moine me dit de m’asseoir et m’offre un café et un œuf dur. Je refuse le café et accepte l’œuf qui n’était qu’à moitié cuit. Ajouté à de l’eau chaude, du poivre et de la sauce de soja, ça m’a quand même fait mon petit déjeuné. Je discute un petit peu et me laisse prendre en photo. Avant de partir je m’aperçois que les terribles chiens en réussi à faire voler ma trousse de toilette et fait un joli trou dans la fermeture éclair (ma trousse de toilette d’il y a 15 ans L). Je range tout ça, je grignotes quelques cacahuètes, du jaggery et une orange pour compléter mon petit déjeuné et prend la route après avoir remercié les moines.

Temple 4

Dans une petite ville-carrefour, au pied des collines tribales. 4-5 moines et 2 très jeunes.

J’arrive plutôt fatigué après encore une journée à plus de 130 km, je demande si je peux rester dormir au temple. Avec l’air intrigué ont fini par me répondre oui et on me dit d’aller « la » en pointant du doigt. Je me dirige vers ce point, en regardant en arrière si je vais au bon endroit. Je demande à d’autres moines, ils me disent d’aller plus loin. Ils ne sont pas très clairs. Heureusement qu’un des 2 petits m’accompagnent et m’indique une salle-temple excentrée ; merci. C’est tout poussiéreux mais je pose mes affaires et je trouve un balai pour me nettoyer un petit coin. Je vais à la recherche des douches et le même petit comprend ce que je veux avant même avoir demandé. Je prends une bonne douche et retourne installer mon lit. La nuit commence à tomber, je retourne voir les moines demander de l’eau chaude pour des Maggi. Ils me font chauffer de l’eau et parte au temple, juste à côté sans rien dire. Je me « fais » à manger. L’eau est rougeâtre, je regarde dans la bouilloire, je pensais que ça pouvait être des fleurs de roïbos mais il y avait 3-4 morceaux de bois, jamais vu mais ça fait un genre de thé. Les 2 paquets de nouilles et les petits surplus ne me suffisent pas, je complète mon repas avec une boite de sardine et le reste de riz collant qu’on m’a offert la veille. Je pars me coucher, il est assez tôt. Je me fais réveiller par un moine très âgé, il essaye de parler anglais mais je ne comprends pas ce qu’il veut. Il me demande finalement de tirer sur la ficelle du ventilo … je me résous tant bien que mal à l’éteindre.

Le matin, vers 6h, je me dirige au temple voir ce qui se passe. Il y a un 2 moines et ont vieille dame avec qui j’essaye de communiquer mais les autres sont déjà partis en quêtes d’offrandes. J’attends un peu, je visite le temple puis retourne préparer mon vélo. Je reviens pour demander de l’eau. Les moines sont tous parti, une jeune femme venait déposer des offrandes et m’en donne une partie (riz collant sucré et pop corn). Entre temps les moines sont de retour les bras chargé de nourriture. Je dis bonjours au plus âgé mais il n’a pas l’air très enclin à me parler. Je demande toutefois de l’eau et remplis mes bouteilles pendant qu’ils déchargent la nourriture qu’ils viennent de recevoir. J’avoue que je regarde d’un œil cette délicieuse nourriture avec l’envie d’y gouter. Je n’ai jamais reçu d’invitation à manger avec eux, j’ai trouvé ça étrange vis-à-vis des autres moines que j’avais rencontré. Tant pis, je les remercie quand même et prend la route. (Juste au croisement il y avait un grand marché et je me suis acheté un gros sac de bananes frits qui m’ont fait office de petit déjeuné).

 

Temple 5

Temple rural, 3 moines 30-40 ans.

Après être sorti de la grande route et avoir trouvé ma petite route de campagne je tombe sur un temple avant la tombée de la nuit. J’entre par le stade de foot ou des jeunes m’indiquent où sont les moines. Ils ont tous l’air d’être afféré au nettoyage. J’en interromps un et lui demande si je peux passer la nuit. Pas de problème, on m’indique direct une petite chambre. Les chiens grognent beaucoup, ils n’ont pas l’air commodes. Mais c’est l’opposé pour les moines, ils m’indiquent direct la douche, j’y vais direct. A peine sortie de la douche on me demande si j’ai faim ; « oui oui j’ai plutôt faim ». Le moine m’emmène devant le temple où un petit boui-boui fait office de restaurant. Très bien je demande krao (riz) et mou (porc), c’était très bon, assez copieux pour une fois et le prix normal (sans que je demande avant) ; rien à voir avec un resto de ville ou de bord de route. Première fois qu’on ne m’offre pas de nourriture mais je ne demande que de l’eau et j’ai rapidement compris que le village paysan et le temple n’était pas riche. Mais l’accueil était surement un des plus souriants et naturel. En rentrant de mon souper je vois les moines encore en train de nettoyer la cours. Je m’installe dans ma chambre ou un ventilo m’attend, je prends le temps d’écrire mon aventure dans les et m’endors.

Au matin je me réveil plutôt tard à cause des volets bien opaque. Les moines sont en train de serpiller l’intérieur de leur lieu de vie. Je range mes affaires et fait ma petite toilette. Juste après on me prépare un gros bol à offrandes rempli d’une soupe de riz et de porc. On me dit que tout est pour moi, c’est énorme mais j’en mangerais une bonne partie (j’avais faimJ). Je lave ma gamelle pendant qu’ils récitent une prière avant qu’ils entament leur repas et il est temps de reprendre la route. Les moines ne sachant pas parler anglais, moi le thai, a par les 2-3 questions habituel « d’où tu viens », « ou tu vas » … ils ont rapidement compris qu’il serait difficile de plus communiquer alors ils repartaient à leurs occupations.

 

Temple 6

Temple de bord d’autoroute, 4-5 moines.

Après avoir roulé des km sur une autoroute bordé de boutiques, d’ateliers et de grands magasins en tout genre je vois enfin un temple en retrait de la route, parfais ça devrait être ma maison pour la nuit. Un moine et un autre gars me voient arriver vers eux, ils ont l’air étonnés. Je leur demande si je peux passer la nuit ici, comme à chaque fois. Pas de problème, ils m’indiquent un morceau de carrelage au milieu d’un espace grand ouvert recouvert par un toit avec un boudha en son centre, le tout au milieu du parking. Bon ce n’est pas terrible du tout pour passer une bonne nuit, toutefois je m’en contenterai bien. Finalement un moine très souriant avec son anglais très limité me montre une petite cabane en bois au milieu d’un écrin de verdure, à l’arrière de l’ensemble monastique. C’est aussi ouvert mais quel charme et bien protégé des bruits ou autres. J’adore ! Ca ressemble à leur salon, il y a la tv, un ventilateur, des outils pour bricoler, des fauteuils en bambou, une chaise longue … Je décale tout et ça laisse de la place pour mon matelas (uniquement, je vais même avoir les doigts de pieds qui dépassent). Je file ensuite à la douche et faire le plein d’eau potable indiqué par le même moine. La douche fini je demande de l’eau chaude lorsqu’il me demande si j’ai faim. Pas de problème, il me met une bouilloire à chauffer et me donne une douzaine de briquettes de lait de soja et de jus, c’est juste trop mais il insiste. Je les prends donc et en revenant avec mes nouilles et ma gamelle il me redonne 4 paquets de ma-ma. Je retourne manger dans mon petit cocon et le gars du début vient « discuter » avec moi. La discussion est limiter, je mange et lui me laisse tranquille. Je ne tarderais pas à m’endormir.

Réveil classique 6h environ, je range mes affaires. Le même gars revient me voir et me dit d’attendre pour manger. Pas de problème. J’en profite pour faire des étirements qui ne seront surement pas de trop. Malheureusement l’heure tourne et il me dit toujours d’attendre, il doit voir que j’ai faim. Il est bientôt 9h, je ne suis pas pressé de manger à ce point mais le soleil commence déjà à taper. Il me dit finalement de bouger, on arrive devant le temple, les moines sont en pleine récitation de prières devant beaucoup de gens. On attend encore un peu, a l’extérieur mais mon nouvel ami commence à discuter avec tout le monde dans le temple et je ne passe pas inaperçu donc commence à raconter qui je suis. Finalement la cérémonie s’achève et il me dit de rentrer manger. Il y a plein de monde et plein de nourriture. Les 5-6 moines s’en vont mais une majorité des gens restent et prennent rapidement les différentes assiettes de nourriture qu’ils embarquent à droite à gauche, certaines personnes remplissent des sacs. Mon ami prend quelques assiettes et me prépare une super table. Je me sers du riz et me régale. Je mange beaucoup, c’est délicieux et j’avais faim. Décidément les plats de midi ne sont vraiment pas nourrissant. En retournant à mon vélo, le gars m’explique que c’était une cérémonie d’intronisation d’un nouveau moine, je revois aussi au passage un jeune moine en train d’être bénis par un autre (ça m’a bien aidé à comprendre car je n’aurais peut-être pas compris sinon). Je me dépêche, lace mes chaussures et fait les remerciements rapidement car je dois filer si je veux rouler sans être brulé par le soleil.

 

Temple 7

Grand temple de bord d’autoroute, 6-7 moines + beaucoup de monde.

Le jour se fait tard, j’ai beaucoup roulé et pas fait de longue pause à cause de mon départ tardif et quelques problèmes de direction. Je m’arrête finalement dans un gros temple sur le bord de l’autoroute (je suis obligé de la prendre à certain moment). Un moine taille la haie, il parle super bien anglais mais lorsque je lui demande si je peux passer la nuit il me dit de voir avoir le big boudha. Malheureusement j’ai beau frapper à sa porte et regarder  à travers les vitres, il n’y a personne. Le moine et une femme en habit blanc qui parle aussi anglais me disent d’attendre. J’attends mais le soleil commence à tomber et le prochain temple est à plus de 3km. Apparemment personne ne peux m’indiquer un endroit où dormir à par le supérieur. Je récupère de l’eau et au moment où je reprends mon vélo un moine assez âgé et maigre m’interpelle. Il ne parle pas anglais mais je suis aidé par la femme de tout à l’heure. Il me dit de le suivre, on va voir un autre moine qui dormait devant sa télé. Finalement on me dit que je peux rester dormir dans la cuisine. C’est un grand espace couvert mais ouvert sur les côtés. Il n’y a pas de ventilo et le plafond est très haut alors pour la moustiquaire c’est galère. Mais ça fera très bien l’affaire. Je fais la rencontre des colocataires des moines, une dizaine de jeune de la navy thai. Je ne comprends pas bien comment une religion pacifique héberge des hommes d’une armé mais bref ce n’est pas mes affaires. Et au contraire ils vont être super sympa et très accueillant, bien plus que les moines. Entre temps je prends ma douche et prépare mon couchage et la nuit est déjà tombé. Je demande à un gars de la navy si je peux me servir de la cuisine pour faire chauffer de l’eau, qui par chance semble être le supérieur et parlant un peu anglais. En cherchant la bouilloire il voit un autocuiseur rempli de riz et me dit tout simplement de me servir en riz et dans les différents plats qui sont sur la table dans les sachets. Il me sort 3-4 bols et me dit de manger ce que je veux puis repars au nettoyage des douches. Ne serait-ce pas une erreur de laisser un homme affamé dans une cuisine rempli de nourriture ? Sans gêne je me régale de 3 grands bols de riz et 3 différents petits plats en sauce. Je termine mon repas par une mangue, un régal ! Je lave mes affaires, nettoie la table et vais me coucher.

Le matin je suis réveillé par un moine venant prendre son café à 5h et quelques mais par chance j’arrive à me rendormir jusque vers 6h15. Je range mes affaires pendant que les jeunes de la navy nettoient les sanitaires. Les moines rentrent de la collecte de nourriture en scooteur avec chauffeur, chacun les bras charger de nourriture. Aucun ne viendra me parler, ils mangeront en 3 groupes et j’ai l’impression chacun ce qu’ils ont reçu. Pas de partage ? Etrange … Le moine maigre qui m’a retenu avant que je parte a toutefois partagé son repas avec un thai unijambiste qui est venu de l’extérieur. Un moine bien en chaire partageait lui ses gâteaux avec les chiens. Deux autres bols à offrandes ont aussi été donnés au gars de la navy. Ces derniers n’ont pas hésité à me dire directement de rester pour partager le petit-déjeuner avec eux. J’ai accepté mais malheureusement eux ils mangeaient tard : 8h. Ils m’ont proposé de manger avant en voyant que j’étais prêt à partir mais j’ai préféré dire que je souhaitais manger avec eux. J’ai donc attendu et manger un bon repas dont un dessert que je ne connaissais pas que j’avais vu sur le bord de la route toute la journée passée sans osé m’arrêter pour gouter : pas malJ. Je n’ai pas trainé pour partir, 8h30 le soleil tape déjà. Avant d’enfourcher mon vélo un des gars me redonne une boite pleine de riz, œuf et porc pour le midi plus une mangue et les restes de la petite douceur sucrée. Un grand merci au gars de la navy !

 

Temple 8

Temple de bord d’autoroute et en bordure de jungle, entrée plutôt caché ; 4-5 moines et 4-5 femmes en tenues blanches.

Encore sur l’autoroute, ce n’est pas ce que je veux mais je n’ai plus le choix. Je roule donc tard, je traverse une grosse agglomération et enfin à la lisière de la campagne je m’arrête demander s’il y a un temple dans les environs. On m’indique de faire demi-tour, juste à une vingtaine de mètre, je dois juste passer sous l’autoroute. J’hésite, j’ai peur d’avoir mal compris, je n’ai pas vu de temple. J’y vais, une grande entrée terne et peu décoré (d’où le fait de ne pas l’avoir vu) m’entraine dans un temple au milieu des arbres. Je vois des personnes installé autour d’une table, je vais demander. Une dame habillé en blanc est intriguée mais reste très courtoise. Un homme me tape la discute (en s’aidant un peu du téléphone portable) et me dit d’attendre. La première femme revient avec au bras une autre dame en blanc d’un âge avancé. Elles me dirigent toutes les deux dans une salle avec ventilateurs et lumières, en voyant les machines à coudre je suppose que la salle sert d’atelier. Elles m’indiquent les douches puis me demande si j’ai faim, je réponds que oui et que j’ai des mama, elle me dit qu’elle s’occupe de me préparer quelque chose, merci beaucoup. Avant de me laisser elle me demande mon passeport, étrange mais je peux comprendre, je lui tends sans problème. Elle tend aussi les mains mais 15 centimètres plus bas, je baisse mon passeport mais elle rabaisse aussitôt ses mains, haha joli farce !? Mais non ce n’ai pas une farce, me voyant étonné elle me dit de poser le passeport par terre. Elle m’apprendra par la suite qu’elle n’a pas le droit de recevoir directement quelque chose de la part d’un homme. Elle a prononcé des veux et voue sa vie au temple, on peut dire que c’est une moine. Je me douche et fait une bonne lessive, la nuit est déjà là. Sur le chemin de la cuisine je croise la femme qui venait me chercher. Il est tard pour elles. Une plus jeune est là aussi, elle porte l’habit blanc. Elles parlent un peu anglais, on discute pas mal, c’est très sympa. Elles me demandent si je voudrais porter l’habit orange et devenir moine, je réponds que j’aime trop bouger à droite à gauche … Entre temps je mange la soupe de mama accompagné de boulette et de poulet que l’on m’a préparé, c’est super bon. La « soirée » ne dure pas trop non plus, une foi a soupe fini elles me disent qu’elles vont se coucher. Elles me proposent aussi de prendre le petit déjeuné avec elles, à 9h. J’accepte quand même, ça me permettra de me reposer un peu et je suis en bonne compagnie. J’y vais aussi, j’en profite pour écrire un peu mes aventures dans les temples précédents.

Le matin je prends un peu plus mon temps, je prépare mon vélo. Je dis bonjours aux femmes, elles sont assez nombreuses ce matin, je vais ensuite me caller sur une table étudier mes cartes pour les prochains jours parce que je ne sais plus vraiment ou je vais maintenantJ. La femme du début vient me voir me propose un café (que je refuse) et me donne des oranges et des bananes (ça j’accepte). Un monsieur de passage me donne un lait chocolaté. Vient ensuite le moment du repas. Je vois enfin les moines, plein de gens s’activait depuis 15 minutes à préparer la table. Je suis les femmes, elles s’assoient autour d’une estrade. Les moines, 6, commence à se servir au « self » pour remplir leurs bols a offrande. Le plus âgé avant d’aller s’asseoir est venu me voir, dire bonjours et me donner une banane et un sandwich (qui s’avérera super bon). Les femmes en blancs et les autres personnes attendent patiemment, tous les moines se servent et vont se disposer en ligne. Aligné de gauche à droite du plus « âgé » au plus « jeune ». Je me doute de l’ordre car à gauche le récipient a offrande qui fait face au moine est le plus gros et ils seront de plus en plus petit jusqu’à celui le plus à droite. Le plus âgé dit quelque chose, surement une prière puis les autres entame un chant. Tout le monde écoute plus ou moins sagement, certains discutes, raconte des blagues, rigole, un enfant s’agite aussi. Le chant terminé les moines se mettent à manger. Les autres personnes se lèvent et comment à aller se servir, dans un ordre précis. Je me lève tranquillement, j’attends un signe de tète de quelqu’un, je passe après les femmes en blancs et après les personnes extérieur au temple d’un certain âge. Mon tour vient, j’ai regardé comment ils faisaient. Je fais donc comme eux, je rempli le grand saladier qu’on m’a donné. Il y a de tout, du riz (en vrac ou en sachet), des plat en sauce (en sachet), des brochettes, des en-cas dans des feuilles de bananier, des sucreries locales, d’autres industrielles, des jus de fruits, des fruits frais … Je prends pas mal de chose, mais rien d’industriel, 2 sachets de riz, un plat en sauce, une omelette, une brochette de porc, une sucrerie locale et un fruit. Sachant que j’ai déjà une banane et un sandwich mon saladier est bien lourd. Certaines personnes mangent assis autour des moines, la femme du début me dit d’aller manger près de la cuisine, là où je m’étais installé. Je prends une assiette et mange presque tout ce que j’avais, je garde toutefois la banane le sandwich et la sucrerie locale (qui s’avèrera être une délicieuse pâte d’ananas). Il est assez tard, le soleil brule déjà, je le dit à mes hôtes, d’où m’on empressement, je ne veux pas être impoli. La femme voit que j’ai tout mangé et me dit si j’ai quelque chose pour la route, je dis non (le sandwich est vraiment petit pour faire un vrai repas), je trouverais bien un resto. Du coup elle me dit d’attendre et me ramène un sachet riz et un de poisson (plat cuisiné appelé hammock). Lorsqu’elle me pose le sac j’oubli presque je dois attendre qu’elle l’ait posé sur la table car on ne doit pas entrer en contact direct. Elle me demande aussi de prendre quelques photos avec elle et un moine qui était venu me voir. Je me prêt au jeu. Je les remercie chaudement et m’envole.

Temple 9

Temple dans un petit hameau près d’un axe principal ; 6 moines + 2 apprenties.

Les kilomètres s’enchainent, je suis de plus en plus dans le sud de la Thaïlande, coincé entre la mer et le Myanmar. Etant donné que je me rapproche de l’équateur les jours se font de plus en plus courts. Je me suis aussi perdu en cherchant les petites routes et en fin de journée j’ai rencontré un cycliste canadien avec qui j’ai bien discuté. J’ai donc continué de rouler jusqu’à la nuit, je pensais éviter l’orage mais il m’a rattrapé et j’ai dû m’arrêté 2/3 fois sous des             abris. Finalement on m’indique un temple a 3 km, j’y vais, j’arrive trempé et fatigué. Je tombe sur 2 moines, ils acceptent que je dorme au temple. Apres les dernières gouttes ils m’emmènent a leur lieu de vie, un magnifique ensemble de 3-4 maisonnette en bambous. Ils me proposent plusieurs endroits pour dormir, je choisi le balcon d’une des maisonnettes. Mon vélo a peine posé contre un poteau qu’un moine m’offre des bananes séchés et des gâteaux de riz-noix de coco. Je m’assoie pour les déguster mais c’est la pire heure pour les moustiques, je décide donc d’aller a la douche. Je reviens, ils m’offrent d’autres gâteaux, nouilles et bananes. Je m’installe, ils m’aident pour fixer la moustiquaire qu’ils veulent m’offrir ! Mon lit est prêt, je m’assois sur mon balconnet. 2 des moines et les 2 apprenties s’installent avec moi, on commence a discuté, les questions basique. Ils me proposent de faire chauffer de l’eau pour les mama. Un moine arrive ensuite avec une boite de sardine à la tomate et un fond de riz. Ca va me faire beaucoup tout ça, j’adore ! Ils me proposent aussi un thé, ça fait longtemps, j’accepte volontiers. Je mange tranquillement, ils parlent un peu anglais, la communication se fait autour de mon voyage et des quelques lieux qu’ils connaissent de Thaïlande. Le moine du début, avec qui je discute un peu plus m’offre un bracelet, une corde sur laquelle il a fait un nœud. Avant de me l’attacher au bras il frotta mon poignet 3 fois avec le nœud en récitant une prière. Je fini mon repas que les moines s’en vont, ils partent réciter des chants. Je reste en compagnie des 2 apprentis, un enfant qui regarde des vidéos sur son portable et un jeune de 20-22 ans. Je vais bien discuter avec lui, il me racontera qu’il passe 3 semaines au temple parce que c’est les vacances pour lui et qu’il étudie l’insémination artificielle. Du coup on discutera une bonne partie de la soirée d’agriculture grâce a des dessins et a son téléphone (son anglais étant très limité). Il est presque 22h, les moines rentrent et la soirée se termine peu de temps après, tout le monde va se coucher.

Le matin je me lève avec plein d’énergie, il est tôt mais je suis en forme. Je range mes affaires et grignotes quelques trucs. Les moines me proposent de manger avec eux mais cette fois-ci je refuse, je préfère rouler à la fraiche. Ils me répètent d’emporter la super moustiquaire, que j’accepte avec plaisir, puis me donne d’autres bananes et un lait de soja. Le moine m’offre aussi une grande écharpe au couleur de la Thaïlande. Je les remercie grandement, c’était un des temples ou les moines ont été le plus accueillant et chaleureux. On me redonne des gâteaux de riz et je pars. Je m’arrête dire au revoir au 2 derniers moines et 1 des deux m’offre du riz collant avec des morceaux de porcs séché, bon ben j’ai de quoi manger pour le midi encore.

Temple 10

Temple proche d’un petit village, au milieu des plantations de palmier à huile et hévéa. 4-5 moines.

J’arrive au temple, bien fatigué et assez tard vu que je me suis un peu perdu en fin de matinée et que la fatigue s’accumule. Je vois un gros 4*4 et un gars avec des lunettes noir et un moine qui sont assis à discuter et qui me regarde bizarrement, je me dirige vers eux mais une petite fille toute souriante me dit de venir, les autres ne m’adressant pas la parole je vais vers elle. Elle me montre un prêtre qui parle bien anglais. Je demande pour rester pour la nuit il me dit de demander moine chef, celui que j’avais vu en premier. Je dis bonjours poliment et pose ma question. Il acquiesce mais ne m’adresse pas la parole. Le moine qui parle anglais m’emmène a la salle de réception, ouverte mais avec ventilo, c’est très bien. Il m’indique la douche et repart. Je vais donc ma laver et en sortant un jeune attendant près de mon vélo. Il parle un peu l’anglais, il est tatoueur a Phuket, il commence tout juste à apprendre les chants pour venir au temple plusieurs jours le mois prochain. Il me dit que si j’ai besoin de quelque chose j’ai juste lui demander. J’ai reçu un plat de pate le midi alors que j’avais déjà à manger j’ai donc ça pour ce soir. Je le remercie, je mets ma super nouvelle moustiquaire et prépare mon lit puis vais vers les moines pour discuter. Ils ne sont pas très bavards, seul le jeune de Phuket me parle un peu. Il me donne de l’eau fraiche. Un gamin en habit orange tripote un bambou rempli de riz collant, il a faim mais étant le soir il n’a pas le droit de manger, il tente quand même sa chance en demandant à un plus vieux qui lui répond « non » bien sûr. Les moines son sur leur téléphone, la conversation avec le tatoueur n’ai pas des plus enrichissante. Je suis fatigué et j’ai faim, je leur dit bonne nuit et retourne dans mon coin. Il n’est pas très tard mais je mange les délicieux spaghettis aux champignons et me couche.

Au matin le soleil me réveil difficilement, je n’ai pas très bien dormi, les poissons chats faisaient un boucan d’enfers et quelqu’un m’a mis sa frontale sur le visage au milieu de la nuit. Je range mes affaires et m’assoie tranquillement à regarder le temple ce mouvoir. Je vois notamment certains moines rentrer de leur quête en gros 4*4, ça m’étonne chassant que certain rentre à pied (et pieds nus). Je décide d’aller demander de l’eau au moine chef, il acquiesce mais ne m’adresse pas la parole et ose à peine me regarder. En retournant à mon vélo un moine que je n’avais pas vu la veille vient me voir. Il avait appris un peu de français il y a longtemps et son anglais est aussi rouillé. Il me demande si je connais Alexandre, Alexandre Le Grand, Dumas ? Finalement c’était un autre cycliste français qui s’était arrêté au même endroit il y a 3 ans, donc non je ne le connaissais pas. La conversation tourne autour du vélo d’Alexandre et de sa dynamo, j’essaye de parler même je me fiche un peu des chargeur hyper cher sachant que je n’utilise pas vraiment d’appareil électronique mais il n’a pas vraiment l’air de comprendre ce que je lui raconte. Le soleil monte je décide donc d’écourter la conversation, remercier les moines dont celui en chef qui ne me regarde toujours pas et celui qui parlait anglais qui est toujours sur son téléphone. Je pars avec un peu de déception suite à ses moines qui ont l’air d’avoir perdu l’enseignement du Bouddha … Je pars aussi la faim au ventre, heureusement que j’avais bien mangé la veille et qu’il me reste des bananes et d’autres friandises des temples précédents

 

Temple 11

J’ai eu du mal à trouver un temple, j’étais sur la route secondaire et la nuit se faisait tard donc j’ai demandé à des personnes ou trouver un Wat. J’ai suivi la direction indiqué mais elle m’a conduit vers une grande ville puis sur l’autoroute que je fuyais, et puis toujours pas de Wat à l’horizon. Finalement j’en trouve un en bordure d’autoroute, un grand avec beaucoup de monde. La nuit étant presque là j’ai du mal à trouver les moines mais finalement je tombe sur un qui m’indique le grand chef. Il accepte et dit à l’autre moine où m’installer. Mais comme hier il n’ose à peine me regarder et ne m’adresse pas la parole. Un jeune en habit orange passe par la et lui parle très bien anglais. Ils m’installent dans une petite pièce crade mais avec un ventilo. Le jeune est ingénieur dans l’aéronautique à Bangkok. Il me demande si j’ai faim, je réponds que « oui », il me dit qu’il y a un 7Eleven pas loin. C’est la supérette la plus chère de Thaïlande ou il n’y a rien de bien, je lui dis que j’ai ce qu’il faut mais s’il a de l’eau chaude ce serrait top. Il m’apporte une bouilloire et des petites bouteilles. Je me douche puis prépare mes Mama sur la terrasse mais ne verrais plus personne de la soirée.  Je vais me coucher.

Au matin je me lève un peu tard (6h20 je crois) car l’absence de fenêtre a empêché la lumière de me réveiller. Je range mes affaires et mange banane, cacahuètes et jaguerry accompagné d’un lait de soja, c’est maigre mais je n’ai que ça. Le jeune vient me voir me demander si j’ai bien dormi mais repart aussitôt. J’ai fait le plein d’eau avec les bouteilles présentes dans la chambre, je remercie le moine chef qui loge juste devant moi et part avec encore un peu plus de déception que la veille et avec la faim encore plus présente. Peut-être que j’attends que les moines me donnent des choses à manger car j’en étais presque habitué et que la fatigue et la faim me donne ce sentiment négatif. Je pense pourtant que juste un sourire et quelque mot d’encouragement (j’en entendais régulièrement 2-3 qui revenaient dans les autres temples) aurait pu me satisfaire. Heureusement juste en sortant du temple je vois un stand de nourriture, je m’avance pour voir si ce sont des bananes frites, non c’est du poulet, je n’ai pas envie de poulet … mais finalement les gens me voit et m’interpellent, j’ai à peine le temps de leur demander s’ils n’ont que du poulet fruit qu’ils me disent d’approcher et me prépare un sac rapidement  en me disant « free, free » (gratuit). Il m’offre un plat de riz jaune avec une grosse cuisse de poulet, concombres, sauce piquante et soupe ; le repas complet ! Je discute un peu avec le patron qui est venu me voir car je chevauchais toujours mon vélo (la béquille n’étant plus la parfois c’est difficile de poser mon vélo). On discute, c’est un musulman très jovial. Il me donne le plein d’énergie psychique et chimique !

 

Temple 12

Temple en bord d’autoroute, à un carrefour habité, 2 moines.

Le riz/poulet de la pause de 10h m’a donné plein d’énergie, j’ai donc pu rouler au moins 160km. Je me suis même arrêté tôt pour une fois. Deux moines travaillaient et il y avait d’autre monde assis dans des cabanes en bois. Je demande si je peux rester, on me dit oui, que je peux rester dormir sur un des petits abris. Ce n’est pas le top mais ça le ferra très bien. Je demande pour la douche, le moine demande à quelqu’un de m’y emmener. C’est un vieille homme pauvre et surement avec des problèmes de santés que le temple aide. Ce sera mon pote du temple, sans trop me parler il m’observera avec un étrange mais amical regard. Je me douche et retourne à mon vélo. Le moine m’indique un autre endroit où dormir, toujours une cabane mais plus grande et un peu plus en retrait de la route, c’est mieux ! Je nettoie l’endroit et prépare mon lit. Je m’assoie tranquillement, attend et repose mes jambes. Le temps passe et je décide d’aller demander au moine ou je peux aller manger, je n’ai plus grand-chose dans mes sacoches et j’ai faim. Il m’indique un petit restau. J’y vais, ça a l’air d’être fermé mais je demande ou je peux manger du riz et la dame me propose l’unique plat qu’elle a. C’était son jour de repos, on est dimanche. Elle me sert une petite quantité et me demande 40 bath, je dis que c’est petit pour le prix, je paye quand même. Je mange, c’est pas mal mais ça ne me suffit  pas. Elle me demande si je suis rassasié, je lui dis pas vraiment. Elle me ressert une bonne quantité ! Merci beaucoup, maintenant ça va mieux :D. Je rentre au temple. Il y a mon pote qui vient me voir, je veux tailler un bout de bois mais la fatigue prend le dessus et je range mes affaires avant d’aller me coucher.

Au matin je me lève tranquillement, range mes affaires et fait ma toilette. Je demande ensuite de l’eau au moine et la surprise il me montre le robinet. Je lui répète de « l’eau potable » et il me dit non. Je suis étrangement surpris, j’insiste un peu il me dit non. S’il n’a pas à m’en offrir c’est qu’il doit vraiment être « pauvre ». Je décide quand même de prendre de l’eau du robinet car je constate qu’elle vient du puit et qu’elle est froide (une eau froide indique qu’il y a moins de risque). Je mets toutefois des pastilles qu’il me reste. Je sors un des derniers laits de soja que j’avais et mange une pomme, quelques cacahuètes et autres sucres qu’il me reste. A ce moment le moine m’offre dans petits gâteaux, c’est très gentil et ça me permet de compléter mon petit déjeuné.

Deux petites semaines à Ban Huai Tum Tum

J’ai pris deux jours de repos à remonter le Mékong sur un bateau. Le bateau à moitié composé de touristes, tranquillement assis ou allonger sur les banquettes à leur disposition ; tables et coussins étaient au menu. La petite partie avant était chargée par le reste des passagers et leurs chargements, c’était des villageois qui rentraient dans leurs villages parfois uniquement accessibles en bateau. Cette séparation entre touristes et locaux, malheureusement, ne m’étonnent même plus. Les locaux s’arrangent et payent moins ? Je ne sais pas, peut-être. Les touristes apprécie ce luxe et se cloisonnement ? Surement …

Bref me voilà de nouveau en Thaïlande, direction le village Huai Tum Tum dans la famille de Noy (amie proche thaï vivant sur Angers). Village et famille que je connais depuis mes 3 ans et chez qui j’ai fait mes premiers voyages. La maison étant à près de 140km de la frontière Laos je suis arrivé à la tombée de la nuit. Heureusement, une dame en scooter croisé au carrefour de la route principale connaissait la famille et m’a emmené à la bonne adresse que je n’aurais jamais retrouvée seul. Ma dernière visite remontant à 10 ans, avec ma barbe et mes cheveux longs et le visage fatigué j’ai fait peur à Ati, lui n’a pas vraiment changé. L’accueil par Mami Lit’, Ati, Phone (sœur de Noy) et Cee (fille d’Ati et Phone) c’est finalement fait autour d’une vieille photo d’il y a 12 car il me prenait pour le frangin, Simon.

Après un bon repas, une bonne douche et une petite nuit le lendemain matin c’était direction les champs. Au programme agrandissement de la cabane en bois. Malgré ma bonne volonté et ma grande taille la fatigue et surtout le soleil ont eu raison de moi. Ati et un voisin venu donner un coup de main m’ont impressionné par leur endurance et leur agilité. L’après-midi je faisais l’arpète et donnait outils et morceaux de bois. Mes premiers mots appris était donc « mouy » (hachette), « my » (machette), « léa » (sci) et autres. On a tout juste fini à la tombée de la nuit.

Le lendemain je pars avec Phone, Cee et Phaï (frère de Noy et Phone) qui travail à Bangkok mais qui vient juste d’arriver au village pour le nouvel an (ou fête de l’eau ou Pimaï en lao et encore Sonkran en thaï). Direction Phayao, la grande ville d’à côté pour découvrir les festivités en préparatif du nouvel. Finalement il n’y a pas grand-chose à faire à par du shopping mais j’en profite pour racheter une chambre à air et des rustines. L’après-midi c’était sieste jusqu’à 17h et après apéro chez les copains d’Ati. Le jour suivant on est parti à la pêche, dans le petit étang familiale rempli de poisson-chats. La pêche était donc plutôt facile et on est rentré avec 7kg pour 4 spécimens (j’en ai eu 1, première prise de mon voyage malgré les quelques tentatives). Parfaitement cuisiné, c’était délicieux.

Le jeudi 13 avril Pimaï commence et durera pendant 3 jours. C’était un régale de bonté, de découvertes et d’amusement mais un vrai défi pour mon estomac et mon foie. Dès le premier matin on a fait le tour des copains d’Ati avec à chaque fois alcool local, whysky ou bière chez les plus riches et différents plats ou douceurs salés ou sucrés étaient offert. Le truc c’est que ça commençait à 8h et que ça a duré 3 jours. J’ai donc du poliment mais régulièrement refuser les premiers verres des différentes journées. Mais chez eux pas grand monde refusent. Au programme du premier jour c’était danse dans la rue jusqu’au temple et sous la pluie, le deuxième jours  c’était repas familiale et prière récité par le plus âgé de la maison en échange d’offrandes puis visite de la famille et des amis toujours avec la prière et les offrandes, et le troisième jours c’était un peu la même choses dans d’autres maisons. J’ai fait beaucoup de découvertes culinaires pendant ces trois jours, j’ai vu aussi beaucoup de partages, de prières, d’offrandes, de joies et de liberté. Malheureusement j’ai aussi vu pas mal de problème lié à l’alcool, beaucoup trop d’alcool, toujours « cul-sec » et jamais bon (mis à part une liqueur de riz).

Les 2 jours suivants c’était reprise du travail pour certains, pour d’autres c’était prolongation des festivités et pour les derniers c’était rattrapage de sommeil et reprise du boulot difficile (on faisait parti de ce dernier groupe). L’attente de la pluie ne permet pas vraiment à tout le monde (ceux qui n’irrigue pas) d’avoir quelque chose à faire dans ses champs. Les problèmes de communication car la famille ne parle ni anglais ni français et l’apprentissage de la langue étant difficile (parfois ils me parlent thaï, parfois lao et des fois ils me sortent un troisième dialecte) couplé à ce manque de travail et à l’alcool qui ne cessait pas j’ai décidé de ne pas rester plus longtemps et de programmer une longue route pour rejoindre la Malaysie avant la fin de mon visa.

Avant de partir j’ai quand même cuisiné un repas « français » qui s’est révélé compliqué. Au marché puis à la supérette j’ai été surpris de ne trouver ni pomme de terre ni beurre. Comment je cuisine sans les 2 ingrédients de base de la cuisine française ?! Heureusement le dessert glace à la vanille, chocolat fondu et cacahuète à fait l’unanimité. Le dernier soir j’ai aussi préparé quelques boutures en espérant que cela fonctionne et qu’ils réitèrent l’opération (technique apprise en Ouzbékistan). Phone était très à l’écoute mais Ati pas vraiment. Au matin ils m’ont donnés des brochettes et une montagne de riz collant pour la route, la voisine birmane est aussi venu m’apporté petits biscuits, brochettes et de l’eau.

Je laisse derrière moi une famille en or qui m’ont permis de découvrir un petit village du nord de la Thaïlande  heureux, partageur et humain malgré la pauvreté.

(Y-a) Photos ou (Y-a) pas photo ?

Voici quelques photos du dernier mois de voyage, principalement au Laos. Je sais que certains lecteurs apprécies les photos mais j’espère surtout que mes écris sont lu ;). C’est par eux que je transmet réellement ce que je découvre tout au long de ce périple. J’essayerais donc de poster quelques photos qui ont du sens pour moi et je les commenterais.

J 430 ; une journée au Laos

Ce n’est pas un extrait du journal de bord vu que je n’écris plus quotidiennement mais je voulais vous faire partager cette journée riche en aventure et parce que ça fait longtemps que je n’ai pas partagé mon « quotidien ».

La veille je m’endors paisiblement, le vendre plein grâce à une délicieuse soupe de champignon accompagnée de riz collant. Je suis dans une belle maison lao, en bois et sur pilotis. Un monsieur d’une soixantaine d’années m’a gentiment laissé ici pour la nuit, lui dort dans la boutique au bord de la route.

Je me réveille tranquillement au son des coqs, des buffles et de la voisine qui dois préparer le feu depuis 4h du matin. En descendant les escaliers mon premier regard se tourne vers mon tendre vélo qui dort dehors avec la plus part de son attirail. J’ai le malheur de voir que quelque chose a changé. Je ne vois plus mon short ni mes chaussettes. Je regarde aux alentours, je ne vois rien. Mon hôte est debout je lui demande s’il a vu mes habits. Là il me montre mon short, dans un état pitoyable. Il a été mâché et piétiné dans la boue par les ruminants du village. Et les chaussettes ? Il me dit qu’elles ont probablement été avalées par ces mêmes chenapans. Zut ! La prochaine fois il faudra faire plus attention ! Mais bon ce n’est qu’une paire de chaussette.

Avant de partir il me propose de remplir le panier de riz collant que je ballade avec moi. J’accepte volontiers pour mon petit déjeuné. Je partage quelques sucreries locales à la banane et à la noix de coco puis j’enfourche mon vélo. Le ciel est nuageux mais pas menaçant, rouler est donc particulièrement agréable. Je m’arrête dans une petite cabane en bois une dizaine de kilomètre plus loin car j’ai le ventre vide. Je mange le riz collant et j’ouvre une boite de maquereaux à la tomate que je trimbalais pour le diner de la veille.

Je repars rassasier, je peux enchainer kilomètre après kilomètre sans problème. Je pédale dans une superbe vallée verdoyante. Je croise par ci un village, pas la une rivière. J’ai peut être fait 40 km, le ciel est toujours couvert mais là les nuages se percent. Par chance juste à ma droite une cabane vide me fait m’arrêter. La pluie était assez forte mais j’aurais pu tout aussi roulé sous la cape de pluie. Je préfère prendre mon temps, bouquiner le temps d’une accalmie. Une petite heure à peine et la pluie est devenu crachin, je décide donc de rouler. Les quelques gouttes qui tombent rafraichisses l’atmosphère et rend la journée plus agréable. Bon jusque-là la journée était agréable mais …

Je croise le grand village que je guettais sur les bornes kilométriques, il doit être à peine midi, j’ai bien roulé. J’hésite à m’arrêter manger, attendre à l’abri la chaleur de mi-journée. Je ne sens pas la faim et il y a encore quelques nuages qui me protègent des brulures. Je suis à la sortie du hameau, je ne sentais pas l’envie de m’arrêter mais mon vélo en a décidé autrement. Pshhhhhhhh ! Grosse crevaison ! Mince. Demi-tour, je marche en direction du marcher pour trouver un jus de canne frais. Je n’en trouve pas (étonnant), je m’arrête sous un abri, prend un thé glacé et change de chambre à air. J’ai eu 2 crevaisons il y a quelques jours, je commence à avoir le coup de main. Je regonfle mon pneu et la mauvaise surprise grosse hernie ! Vu le prix des pneus et leur renommés, je suis assez surpris. Je décide donc d’aller à la recherche de fils solide et reviens sous mon abri pour recoudre le pneu. Super, ça à l’air de faire l’affaire, pas si dure que ça. Je protège la couture avec un morceau de boyau des frottements avec la jante. Je remonte le tout, je gonfle et la … Pshhhhh ! Ho non là ça commence à ne pas être rigolo ! Je ne sais pas ce qui se passe, mais rebelote, je redémonte tout. Je regarde l’état de la chambre à air, j’essaye de gonfler, l’air ressors directement je n’arrive donc pas à repérer le trou. Je regarde les valves, sur les 3 chambres à air elles ont l’air usées, ouvertes, je me persuade que ça vient de là. Je mets mon dernier boyau en « bon » état, ouf ça marche ! Ça m’a bien fatigué tout ça, il est presque 2h, je file trouver un resto. Je mange une soupe de poulet, on ne peut plus dur, accompagné toujours de riz collant. Ça fait du bien, je m’endors sur ma table de resto après avoir simplement poussé mon assiette et mon bol.

Il est 15h, le soleil commence à devenir supportable, je suis en pleine forme je reprends donc le vélo.  Ça monte, ça descend, la route sinueuse m’entraine à travers la vallée et ses quelques collines. Le paysage est toujours magnifique, très vert, montagneux. Je croise des rivières, des étangs, quelques rizières. C’est particulièrement humide ici, une chance pour les paysans, ce n’est pas le cas partout au Laos en cette fin d’hiver. Les rares éclaircies ont fait place à un ciel dégagé mais la fin de journée approchant l’air reste frais. C’est donc très agréable. J’ai peut-être déjà parcourus les 100 km mais mon corps étant de plus en plus entrainé je ne sens pas vraiment la fatigue. Je décide donc de continuer de rouler malgré le soleil descendant. Mon visa arrivant bientôt à expiration, je préfère rouler un peu plus pour me laisser quelques jours de pauses par ci par là.

En fin de journée la route sinueuse commence à me conduire vers de belles, et malheureusement hautes montagnes. Après quelques belles petites montées et des nuages sombres au loin je commence à chercher un endroit où passer la nuit. Ça grimpe de plus en plus, les endroits plats se font de plus en plus rare, je croise un barrage et des carrières, des zones peu propices au camping. La nuit guette, je trouve un coin pas si mal, proche d’habitations, je demande si je peux planter la tente. Certains locaux me disent qu’il n’y a pas de problème. Je vois un peu plus haut un camp de militaire, mince, mauvais signe. Je monte demander si je peux rester là, un militaire dans son hamac me dit non et me dit d’aller 4 km plus loin, au prochain village. J’y vais rapidement. Ça grimpe toujours, je me dépêche. Ça y est, je commence à bien sentir mes mollets =).

Au village, je trouve un endroit plutôt bien, protégé des bruits de la route. On me dit qu’il n’y a pas de problème, que je peux rester ici. On m’invite à monter la tente sous un toit, en cas de pluie. Mais sa proximité avec la route me fait rester sur mon premier choix. Je monte vite la tente puis descend à la rivière me laver. L’eau est fraîche, la nuit est tombée mais je me lave en compagnie d’autres jeunes du village et sachant avoir un abri pour la nuit, rien n’est plus agréable. Je remonte à ma tente, je récupère quelques morceaux de bois pour préparer mon repas. J’allume mon feu, il y a plein de feuilles séchés qui me permettent de l’allumer en un claquement d’étincelles. Il est tard, je décide de préparer des nouilles instantanées agrémenté d’un oignon fris et de quelques épices. Un jeune de 16 ans parlant bien anglais arrive et m’invite à passer la nuit chez lui, dans sa famille. La proposition est très agréable mais ma tente est plantée et les oignons rissolent. Il me dit que je serais mieux chez lui en cas de pluie. Je souris et lui dit que je fais confiance au toit de ma tente.

L’eau est sur le point de bouillir, mes affaires sont rangées, mon vélo attaché à la tente et là ce qui devait arriver arriva ! La pluie ! Grosse pluie ! Ouf je suis à l’abri, je prends ma casserole d’eau bouillante, tire ma petite serviette qui me sert de table sous le auvent. Tout va bien, je mets les nouilles et referme le couvercle. Il pleut fort, très fort, je n’avais jamais eu ça depuis le début de mon voyage. J’organise les affaires et là surprise : l’eau arrive sous la tente, c’est une rivière ! Vite je range tout dans mes sacoches imperméables, quelques trucs dans la bassine. J’essaye de sortir dehors pour incliner mon vélo en cas de grand vent et commencer à déplacer mes affaires sous l’abri proche de la route. Mais à peine le dos sous la pluie que je suis à moitié trempé. OK, c’est le genre de pluie où tu ne peux pas aller dehors sans avoir le caleçon mouillé en moins de 30 secondes. Je me glisse donc dans ma tente. Mais il y a plus d’un centimètre d’eau qui ruisselle dessous ! Heureusement une petite partie un peu plus en hauteur me permet de m’asseoir au sec et de laisser mes affaires. Je n’ai plus qu’à attendre ici, recroquevillé dans un coin de ma tente. Heureusement que j’ai fait des nouilles, je peux donc apprécier un repas en espérant que la pluie cesse, que le toit ne cède pas et que le ruissellement ne s’intensifie pas.

Finalement les trompes d’eau s’arrêtent, seul un doux crachin persiste. Je sors, en caleçon (je ne veux pas mouiller mes affaires), sous la maigre lumière de la frontale. Je regarde mon vélo, ça va, adossé à une maison inhabité il est plutôt protégé du vent et même de la pluie. Je vais ensuite à l’abri et la surprise : une belle marre d’eau jonche le sol. Impossible de l’évacuer, je ne peux pas mettre la tente là, j’ai donc fait surement le bon choix tout à l’heure. Je réfléchi 2 minutes … je n’ai pas trop le choix, je décide de rester là où je suis. Mais pas moyen de dormir sereinement dans ces conditions. S’il se remet à pleuvoir, en position allongé, je serais à moitié trempé. Je prends don un morceau de bois et commence à creuser un fossé, puis une digue, puis un deuxième fossé … puis une deuxième petite digue. J’ai vraiment envie de dormir sereinement et vu l’intensité de la pluie et du ruissellement rien ne serrait arrêter cette force dévastatrice. Pierre, sable, terre, branche, je mets ce que je trouve pour fortifier la digue. Ça semble solide … Je suis content. J’ai œuvré activement pour éviter une nouvelle pluie mais j’y ai pris beaucoup de plaisir. Je me suis senti de retour en enfance, je me rappelais les châteaux de sable, les batailles de boues, les pluies torrentielles lors d’après-midi d’été …. Finalement ce n’est que de l’eau qui coulait à vau-l’eau, tout va bien ! Je me suis lavé les mains et je suis retournée finir mon souper dans ma petite tente adorée.

Bonne nuit !

 

PS : Bien sur il n’a pas replu de la nuit 😉