C’est la fin … de la platitude marine !

Ça va faire 3 semaines que je longe la mer noire ; quelques collines mais surtout de « belles » autoroutes bien plates. Comme la mer ! Et s’il y avait un piton rocheux, hop un trou, et me voilà dans un tunnel. Ça y est, maintenant je suis habitué, gilet jaune et lumières. Mais, ni les tunnels ni mer ne me font fantasmer. Moi ce que j’aime c’est la montagne. Pas parce que ça grimpe !!! Mais parce que les paysages changent !
J’ai attaqué les montagnes après Hopa. Pour mal commencer mon ascension, la veille, j’ai fait ma plus grosse journée : 90 km. Ce n’était pas prévu mais la ville dans laquelle j’avais prévu de dormir était  lugubre, je n’avais pas vraiment envie de rester ! Quelques kilomètres à l’intérieur des terres ça grimpait déjà, quelques kilomètres encore après il y avait de la neige. J’ai bien grimpé, mais ça allait, j’ai continué ma route jusqu’à la première ville dans la montagne ; Artvin. Après 65 km, je voie cette ville sur le flanc d’une montagne. Malheureusement pour moi le centre ville et les hôtels sont tout en haut ! Après une bonne journée de vélo dans les jambes, je dois encore monter sur 3-4 km. Aie aie ! J’en ai bavé. En même temps, je devais m’en douter, les turcs m’avaient prévenu !
Le lendemain, en regardant la carte, il me semble que c’est une journée facile. En partant, je prends le temps de visiter le château. Ce que je ne savais pas, c’est que l’accès se faisait à pied, dans un camp militaire. Après « discussion » (Touriste. Château. Photos.), avec une dizaine de militaires je suis allé le visiter, accompagné d’un jeune militaire. Je pars donc à la bourre, je pensais que ça allait me prendre 5-10 minutes cette visite ! Dès les premiers kilomètres, ça grimpe et il y a du vent ! Arrivé en haut, je dois mettre 2 fois le pied à terre pour ne pas tomber ! J’hésite à faire demi-tour … Mais je me suis entraîné dans le sud, avec le mistral ! Je persévère, et prudemment, j’amorce la descente. Le vent a faibli à mesure que je descendais, ouf ! Mais je n’ai pas beaucoup avancé ! Je me retrouve ensuite à suivre une rivière sur une route sinueuse et magnifique. Je prends mon temps, un peu trop ! Ça n’en finit pas, j’ai faim et mon eau s’amenuise. Le vent, toujours présent, doit nettement me ralentir. C’est la première fois qu’en estimant la distance que j’ai parcouru je me trompe de 20 km … Oups ! Vers 15h30, je suis à quelques kilomètres de mon objectif. Mais un groupe d’ouvrier m’interpelle pour le thé. J’accepte ! Ils me proposent à manger, je n’ai pas croisé de village depuis que je suis parti, j’accepte ! Ils me font un sandwich : concombre et … fromage ! J’ai beau adorer le concombre, le fromage je peux pas. Je mange un tiers pour leur faire plaisir mais je ne peux pas plus, ça m’écœure trop ! Ils me disent finalement d’y aller parce que la nuit et la pluie sont sur le point de tomber. Pour bien m’achever, la ville est en hauteur, et à la fin de la montée un flic m’interpelle. Deuxième fois en deux jours ! Le premier m’a posé des questions, il parlait anglais, je lui en ai posé aussi. Malgré le petit coup de stress du début, c’était sympa. Par contre celui-ci me parlait turc, m’a demandé mon passeport, a fouillé la moitié de mes bagages, et a appelé quelqu’un, sûrement le central. Il n’arrêtait pas de demander comment s’appelait mon père (baba), et pourquoi son nom ne figurait pas sur mon passeport. Il m’a finalement laissé partir en me disant que le col de demain n’était pas accessible en vélo, et qu’il fallait que je prenne un bus. … Le soir, je me suis rattrapé de cette dure journée en mangeant 3 kebabs =].
Le lendemain, j’avais le col d’Ardahan dont tout le monde me parlait depuis 10 jours ! Trop dur, trop de neige, trop froid etc. Le gars de l’hôtel m’a dit que ça ne devrait pas poser de problèmes. Je pars de bonne heure à l’assaut de la montagne ! OK, je me pose des questions, je ne suis pas serein. Mais il fait super beau, j’ai de la chance :). Je prends mon temps mais je ne fais qu’une pause, et en à peine 3 heures, le tour est joué ! J’avais quand même 1200 m de dénivelé :). Mais j’ai bien fait ! C’est juste magnifique ! En redescendant, emmitouflé de la tête au pied, je tombe sur un plateau à 1800 m, d’environ 15 km sur 30. Je le traverse pour atteindre Ardahan. J’ai même le temps et l’énergie pour visiter la ville et son château, une très belle ville !
Le lendemain je pars de bonne heure car j’ai 90 bornes pour atteindre Kars (il n’y a pas de ville entre). Bon, en fait non, je ne part pas tôt … J’ai fait une grosse boulette la veille ! En visitant la ville j’ai mis de la boue partout sur mon dérailleur arrière et j’ai eu la bonne idée de nettoyer grossièrement avec de la neige … Le matin j’ai eu la bonne surprise de voir ma chaîne et mon dérailleur plein de rouille ! J’ai donc pris 1 petite heure pour bien tout grater et regraisser ! C’était indispensable. Et pas trop grave car je suis arrivé vers 15h00 à Kars, j’étais content de moi :). Dans cette ville, j’avais rendez vous avec Bahadir, un prof d’anglais à l’Université, ami d’Erman, un des tatoueurs que j’ai rencontré près de Samsun !
Mais ça, c’est pour les prochaines aventures ! Car je ne vous ai pas dit, mais Kars est la première ville du « Kurdistan » ! Et cette région et ses habitants méritent un article à part entière !

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3 réflexions sur “C’est la fin … de la platitude marine !

  1. Christophe Morandeau

    Bravo le cycliste ! Et bravo pour le carnet de voyage aussi. Ca dépayse.
    Le coup de pédale doit se transmettre de père (et mère) en fils, c’est sûr.
    Bon voyage.
    Christophe Morandeau

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