La Pamir highway : une sacrée aventure !

Après mes quelques jours de repos à dushambe chez une maman française et son fils (plus quelques autres cyclistes) j’ai entrepris la fameuse route M41 qui ralie Dushambe (Tadjikistan) à Osh (Kyrgyzystan). J’avais plus que 16 jours de visa sur mon passeport, les européens rencontrés me disaient que je c’était court pour faire les 1000 et quelques kilomètres. Je suis donc parti un peu pressé.
Après une semaine sans rouler et un départ à 11h, je n’ai pas beaucoup avancé le premier jours. Le second un peu plus car j’ai rencontré un marcheur qui faisait 50km par jours et j’ai marché avec lui jusqu’à la nuit noir avant de planter la tente sous une pluie battante. C’est la que les difficultés ont commencées. Le lendemain la route était toute boueuse en contrebas du campement. Quelques kilomètres plus loin une coulé de boue et de rocs avait recouvert et bloqué la route, j’ai donc du traverser en contrebas, en poussant mon vélo dans la boue et à travers une rivière (photo des chaussures à l’appui). J’ai rapidement compris que ça ne faisait que commencer. La route avait ensuite été emporté par la rivière et une file de voiture attendait qu’un bulldozer terrasse un semblant de route au dessus. Puis j’ai suivi ce convois et attendu que le bulldozer débarrasse la route des obstacles engendrés par les fortes pluies de la veille. Mais au milieu d’un village, après avoir attendu 30min on me dit que cette fois ci ça peut prendre 3 heures, on m’indique un chemin de traverse. J’y vais accompagné d’enfants et la je vois un petit pont-échelle dans le lit de la rivière qui enjambe le cours d’eau. Après avoir pensé la traversé impossible j’ai détaché toutes mes affaires et pris mon velo sous le bras. Les enfants ont pris mes bagages et un plus vieux m’a aidé avec mon vélo, franchir ce maudit pont était, malgré tout ça, compliqué. Après 2-3 autres galeres je me suis rendu compte qu’en presque 8h j’avais fait moins de 40km … j’ai montée ma tente un peu plus loin, sur le bord d’une large rivière aux couleurs rouge.
Ensuite j’ai eu un premier col à franchir, dans les 3200m. La montée pas facile mais je l’ai bien géré et la vue en haut était juste sublimes malgré un ciel grondant. Mais tout ça pour rejoindre une petite ville à 1100m. Je ne vous raconte pas la descente infernale sur des routes indignes de ce nom. Mes mains, mes fesses et mon vélo ont été mis à rude épreuve. Après cette dure journée mais enfin dans les montagnes du Pamir, j’ai décidé de camper sur la rive d’une rivière. Je me suis instalé et ai cuisiné une grosse omelette tomates/oignons sous le regard d’enfants intrigués puis je me suis endormi. Mais une heure après je me suis fait réveillé par des locaux. Pas très content j’ouvre ma tente et vois 4-5 militaires en armes. Oups ! Qu’est ce que se passe ?! Ils ne voulaient que je reste la, trop dangereux ! Oui … je savais que le village d’en face était un village afghan … mais je pensais la région tranquille et le village très joli. Le lendemain, après une petite nuit, j’ai repris la route, toujours le long de la frontière afghane dans une super vallée étroite. La route était infernale, montées, descentes, sables, cailloux … et cela pendant 3 jours.
Un peu fatigué physiquement je suis arrivé à la « grosse » ville de Khorog. J’ai décidé d’aller me reposer dans une guesthouse 2 nuits. La bas je me suis rendu compte que j’avais cassé un rayon du côté de la cassette, je ne pouvais donc pas le changer sans outil. Malheureusement j’étais au milieux de la route donc à 600 km du premier shop susceptible d’avoir le matériel. J’ai décidé de continuer avec un rayon en moins mais après quelques kilomètres 4 autres ont cédés. La c’était plus problématique. J’ai essayé d’ouvrir ma cassette avec l’aide de locaux qui ont été jusqu’à usiner des outils. Mais rien à faire ! J’ai donc pris la décision, à contre coeur, de prendre un taxi ou autres pour rejoindre Osh. Après plus de 20h a attendre à un barrage de police un taxi surchargé est arrivé et à mis mon vélo et mes bagages sur le toit. J’étais tout serré à l’arrière et ne voyais pas le paysage … Mais, presque heureusement, un de mes bagages est tombé après une grosse bosse, j’ai donc décidé de sortir de ce maudit taxi. Au milieu de je ne sais trop où, j’ai poussé mon vélo quelques kilomètres pour arriver à un terminal de camions. La j’ai trouvé un gars qui allait à la prochaine petite ville de Murgab. La route fut très longue mais la spacieuse cabine m’offrait une belle vue sur les paysages ! Les vibrations incessantes, les arrêts prolongé (dont un dans un bain public fournis pas les sources chaudes de la montagne, une superbe expérience) nous ont permis de faire uniquement 150km avant la tombée de la nuit. Heureusement on a atteint le premier col au dessus des 4000m avant ça, j’ai donc pu admirer la vue magnifique.
Très loin de Murgab, les camionneurs souhaitaient faire une pause de 2h pour dormir et reprendre la route. Ne voulant pas rater tout du paysage et avec un bon mal de crâne et de ventre j’ai décidé de planter ma tente. À un peu moins de 4000m, j’ai eu un peu froid la nuit mais le matin j’ai pu dormir plus longtemps. Après un petit déjeuner rapide, je voulais ranger mes affaires pour faire du stop mais un cyclist arrivait par l’autre côté. Je me suis précipité pour regarder son vélo en espérant qu’il ai les même composants que moi. Oui ! Et par chance, Tom le cyclist japonais avait tout le matos pour ouvrir ma cassette et donc changer mes rayons. Bon j’en avais que 3 de rechange mais 2 de moins ce n’est pas trop trop grave. J’ai donc réparer mon vélo avec les conseils et l’aide de Tom. Un grand merci à lui ! Cela m’a redonné un bon coup de moral.
J’ai donc pu rouler comme ça jusqu’au magnifique lac de Karakol, en compagnie de rapide cyclistes néerlandais. La route passait par un col à 4600, j’en ai bavé. J’ai mis presque 1h30 pour faire les derniers 4km en poussant mon velo et en m’arrêtant tous les 500m pour reprendre mon souffle. En haut, malgré le panorama décevant pour un tel effort, le mental à repris le dessus et je me suis amusé à me mettre en scène (sur la photo où je suis allongé devant mon vélo). Et pour bien continuer cette journée la descente était constituée d’un chemin en vaguelette qui m’ont secoué comme un shaker. Je ne vous dis pas la mal de crâne ! Et pour finir un fort vent de face … mais après une dernière montée à travers une petite vallée le vent s’est retrouvé dans mon dos et m’a poussé pendant les 20 derniers kilomètres nécessaires pour ralier le lac. Une vraie merveille !
La journée d’après je voulais essayer de passer la frontière tadjik mais 4 nouveaux rayons ont cassés successivement et encore le vent d’est m’a forcé à dormir juste avant le col (frontière). Et la l’humidité a rendu la nuit froide, très froide. Il a même neigé en début de soirée. Pour contrer le froid et dormir un minimum j’ai du enfiler tous mes t-shirts, ma polaire, 2 pantalons, 1 short, 3 paires de chaussettes, mes petits gants, un drap de soie, mon duvet et une couverture de survie … Au petit matin j’ai traversé la frontière et rejoins la ville de Sary-tash, au Kyrgyzystan, en traversant une magnifique vallée avec dans mon dos une chaine de monts enneigées sublimes ! Après une bonne après-midi et nuit dans une auberge j’ai repris la route avec mes 6 rayons en moins. Mais toutes les 15-30 minutes je devais m’arrêter pour resserrer mes rayons pour remettre ma roue droite. J’ai pu franchir le dernier col à 3600m mais ma roue, insupportable, m’a forcé à arrêter une camionette pour descendre les derniers 180km me séparant d’Osh. J’ai donc raté toute la descente … dommage. Mais je crois que je reviendrais 😉

Maintenant de nouvelles aventures m’attendent au Kyrgyzystan !

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3 réflexions sur “La Pamir highway : une sacrée aventure !

    1. C’est sympa de me trouver des excuses et de m’encourager … mais les rayons de cassés c’est ma faute, j’ai mal réglé mon derailleur du coup ma chaine à sauté du mauvais côté et abimé tous les rayons :). Mon vélo est très bien, juste des éléments non standards.

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    2. BA

      J’ai souri en lisant le commentaire de Christophe…c’est tout à fait lui…..! Ceci dit il a raison je te trouve bien courageux….j’aurais craqué depuis longtemps…..
      Phi te remercie pour ce beau récit et ces belles images qui donnent envie de voyager.
      Des bisous de nous

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