Deux petites semaines à Ban Huai Tum Tum

J’ai pris deux jours de repos à remonter le Mékong sur un bateau. Le bateau à moitié composé de touristes, tranquillement assis ou allonger sur les banquettes à leur disposition ; tables et coussins étaient au menu. La petite partie avant était chargée par le reste des passagers et leurs chargements, c’était des villageois qui rentraient dans leurs villages parfois uniquement accessibles en bateau. Cette séparation entre touristes et locaux, malheureusement, ne m’étonnent même plus. Les locaux s’arrangent et payent moins ? Je ne sais pas, peut-être. Les touristes apprécie ce luxe et se cloisonnement ? Surement …

Bref me voilà de nouveau en Thaïlande, direction le village Huai Tum Tum dans la famille de Noy (amie proche thaï vivant sur Angers). Village et famille que je connais depuis mes 3 ans et chez qui j’ai fait mes premiers voyages. La maison étant à près de 140km de la frontière Laos je suis arrivé à la tombée de la nuit. Heureusement, une dame en scooter croisé au carrefour de la route principale connaissait la famille et m’a emmené à la bonne adresse que je n’aurais jamais retrouvée seul. Ma dernière visite remontant à 10 ans, avec ma barbe et mes cheveux longs et le visage fatigué j’ai fait peur à Ati, lui n’a pas vraiment changé. L’accueil par Mami Lit’, Ati, Phone (sœur de Noy) et Cee (fille d’Ati et Phone) c’est finalement fait autour d’une vieille photo d’il y a 12 car il me prenait pour le frangin, Simon.

Après un bon repas, une bonne douche et une petite nuit le lendemain matin c’était direction les champs. Au programme agrandissement de la cabane en bois. Malgré ma bonne volonté et ma grande taille la fatigue et surtout le soleil ont eu raison de moi. Ati et un voisin venu donner un coup de main m’ont impressionné par leur endurance et leur agilité. L’après-midi je faisais l’arpète et donnait outils et morceaux de bois. Mes premiers mots appris était donc « mouy » (hachette), « my » (machette), « léa » (sci) et autres. On a tout juste fini à la tombée de la nuit.

Le lendemain je pars avec Phone, Cee et Phaï (frère de Noy et Phone) qui travail à Bangkok mais qui vient juste d’arriver au village pour le nouvel an (ou fête de l’eau ou Pimaï en lao et encore Sonkran en thaï). Direction Phayao, la grande ville d’à côté pour découvrir les festivités en préparatif du nouvel. Finalement il n’y a pas grand-chose à faire à par du shopping mais j’en profite pour racheter une chambre à air et des rustines. L’après-midi c’était sieste jusqu’à 17h et après apéro chez les copains d’Ati. Le jour suivant on est parti à la pêche, dans le petit étang familiale rempli de poisson-chats. La pêche était donc plutôt facile et on est rentré avec 7kg pour 4 spécimens (j’en ai eu 1, première prise de mon voyage malgré les quelques tentatives). Parfaitement cuisiné, c’était délicieux.

Le jeudi 13 avril Pimaï commence et durera pendant 3 jours. C’était un régale de bonté, de découvertes et d’amusement mais un vrai défi pour mon estomac et mon foie. Dès le premier matin on a fait le tour des copains d’Ati avec à chaque fois alcool local, whysky ou bière chez les plus riches et différents plats ou douceurs salés ou sucrés étaient offert. Le truc c’est que ça commençait à 8h et que ça a duré 3 jours. J’ai donc du poliment mais régulièrement refuser les premiers verres des différentes journées. Mais chez eux pas grand monde refusent. Au programme du premier jour c’était danse dans la rue jusqu’au temple et sous la pluie, le deuxième jours  c’était repas familiale et prière récité par le plus âgé de la maison en échange d’offrandes puis visite de la famille et des amis toujours avec la prière et les offrandes, et le troisième jours c’était un peu la même choses dans d’autres maisons. J’ai fait beaucoup de découvertes culinaires pendant ces trois jours, j’ai vu aussi beaucoup de partages, de prières, d’offrandes, de joies et de liberté. Malheureusement j’ai aussi vu pas mal de problème lié à l’alcool, beaucoup trop d’alcool, toujours « cul-sec » et jamais bon (mis à part une liqueur de riz).

Les 2 jours suivants c’était reprise du travail pour certains, pour d’autres c’était prolongation des festivités et pour les derniers c’était rattrapage de sommeil et reprise du boulot difficile (on faisait parti de ce dernier groupe). L’attente de la pluie ne permet pas vraiment à tout le monde (ceux qui n’irrigue pas) d’avoir quelque chose à faire dans ses champs. Les problèmes de communication car la famille ne parle ni anglais ni français et l’apprentissage de la langue étant difficile (parfois ils me parlent thaï, parfois lao et des fois ils me sortent un troisième dialecte) couplé à ce manque de travail et à l’alcool qui ne cessait pas j’ai décidé de ne pas rester plus longtemps et de programmer une longue route pour rejoindre la Malaysie avant la fin de mon visa.

Avant de partir j’ai quand même cuisiné un repas « français » qui s’est révélé compliqué. Au marché puis à la supérette j’ai été surpris de ne trouver ni pomme de terre ni beurre. Comment je cuisine sans les 2 ingrédients de base de la cuisine française ?! Heureusement le dessert glace à la vanille, chocolat fondu et cacahuète à fait l’unanimité. Le dernier soir j’ai aussi préparé quelques boutures en espérant que cela fonctionne et qu’ils réitèrent l’opération (technique apprise en Ouzbékistan). Phone était très à l’écoute mais Ati pas vraiment. Au matin ils m’ont donnés des brochettes et une montagne de riz collant pour la route, la voisine birmane est aussi venu m’apporté petits biscuits, brochettes et de l’eau.

Je laisse derrière moi une famille en or qui m’ont permis de découvrir un petit village du nord de la Thaïlande  heureux, partageur et humain malgré la pauvreté.

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