Un air de Cow-boy

17 mois m’ont “suffis” à traverser l’Asie, d’un bout à un autre, de la ville portuaire d’Istanbul à celle de Singapour. Cet immense continent m’a réservé de belles surprises. J’ai découverts de magnifiques pays, des paysages mais surtout des gens. Entre les cultures musulmanes de l’ouest et celles bouddhistes à l’est, sans oublier celle hindouistes au milieu, beaucoup de différences mais aussi beaucoup de ressemblances. Une évolution se faisait petit à petit, au fur et à mesure des kilomètres parcourus et non des frontières traversés. Je vous parlerais de ces différents liens que j’ai ressentis entre les différentes cultures mais plus tard.

Revenons au présent ! De Singapour j’ai choisi l’option aérienne pour atterrir dans un tout nouvel environnement. Malgré la direction : plein sud, je suis passé du « sud » (pays en voie de développement) au « nord » (ceux développés). Souhaitant continuer de rouler, après l’Asie du Sud-Est je n’avais plus le cœur à voyager dans un pays « pauvre ». Je suis donc arrivé en Australie ou je vais pouvoir rouler au milieu des « riches » et encore dans un souci d’argent, de travailler. Et oui après 17 mois à vadrouiller, même avec une humble condition de vie (300€ par mois en moyenne, billets d’avions, visas et tout le tralala), mes « économies » sont au plus bas. Suite à une étourderie et une perte de carte visa c’est avec 20$ australien (moins de 15€) que j’ai débuté cette nouvelle aventure. Simon, mon frère préféré m’a gentiment dépanné et en quelques jours j’ai pu récupérer de l’argent pour avancer dans ce nouveau pays.

Avec 1 an de visa beaucoup de possibilités s’offraient à moi, j’ai décidé de commencer par une longue traversée de l’Out-back (le désert australien). Juillet-aout étant l’hiver dans l’hémisphère sud et donc la saison sèche (sans ouragan). Dans le nord de l’Australie les conditions climatiques étaient idéales. C’est au début juillet avec un nouveau réchaud à alcool, de la nourriture pour 8-10 jours et de l’eau pour 2 que je suis parti de Darwin : destination Cairns ; environ 2500km. Je me suis donc élancé pour un périple d’environ 1 mois. Cette fois-ci, au menu, c’est camping sauvage et 3 repas à cuisiner par jours.

Le premier jour n’est pas facile, mon vélo est lourd, très lourd, ça fait presque 3 semaines que je n’ai pas roulé, je suis un peu rouillé. Il fait chaud mais pas trop, le soleil reste toutefois brulant mais pour cela je me suis équipé de super manches, d’un foulard et d’un nouveau chapeau. Sur les conseils de mon pote de Darwin j’ai fait un petit détour par un parc national où m’attendait une super piscine naturelle. Beaucoup de touristes locaux, des caravanes, des campings cars et des 4×4 tous plus gros les uns que les autres. Un petit bain et hop je repars, je veux essayer de faire les 100km par jours et débuter avec une dure journée me fait espérer des journées plus cool par la suite. Malheureusement l’après-midi la route est infernale, du sable et des vaguelettes qui me font forcer et malgré tout avancer lentement. Je vais me rendre compte plus tard que je viens de faire tout juste connaissance avec les pistes australiennes. Au milieu de cette portion de 40km de piste, une pause s’impose. Au menu : pâte, ce sera le même menu pour presque tous les midis suivant. Bien sûr vous me connaissez, les pâtes aux beurres ça ne me réussit pas donc une carotte, un oignon et des épices agrémentent le tout. C’est la première fois que j’utilise mon nouveau réchaud Trangia, la puissance de l’alcool méthylique m’étonne, ce nouvel équipement me comble, son utilisation et son prix est impeccable (je vais utiliser 1 litre en 3 semaines, 1L qui m’a coûté moins de 3$). Après une petite sieste je reprends la route pour finir à la nuit tombé près d’une chute d’eau où j’ai pu me doucher et faire un plein d’eau. Il y avait un camping public juste à côté, on me demandait 7$, autant qu’un camping-car, et pour quoi ? Le droit de dormir … j’ai donc roulé un peu plus loin et je me suis enfoncé dans le bush (forêt sèche et peu dense). La tente est juste monté la nuit est déjà là, je cuisine à la lueur de la lune et de la frontale ce qui me rend appétissant aux yeux des dizaines de moustiques. Je sens les piqûres mais j’ai la bonne surprise de me rendre compte qu’elles ne grattent pas et ne laissent aucune marque (ils existent de multitudes espèces de moustiques). Je mange bien, patates, carottes et lentilles et sûrement un peu de beurre de cacahuète sur un biscuit (Weet-bix, mes nouveaux compagnons de voyage) et passe une super nuit.

Pour les 30 jours restant vous pouvez presque faire un copier-coller de cette première journée. Les décors changent un peu, une végétation très présente et qui varie, je ne me lasse donc pas. En quelques jours je retrouve une bonne forme physique et je suis de plus en plus efficace en cuisine sauvage. Les jours suivants le premier se font sur route, je fais connaissance avec les roadhouses (restaurant/hôtels de bord de route), les road-trains (des camions à 3 ou 4 remorques qui vont jusqu’à 50 mètres de long) et les grey-nomads (généralement des retraités australiens qui vivent dans leur caravanes ou camping-cars et vont d’air de repos en air de repos). La gestion de l’eau est plutôt facile, il y a des citernes en bord de route ou des petites bourgs tous les 50km, royale ! A la fin du 5ème jour je passe par la dernière grande ville qui possède un supermarché avec des prix pas chers, pour la suite je m’attends à 2/3 fois le prix supérieur. Je fais donc un plein de nourriture en fonction de ma consommation des jours précédent. Je me dépêche, la journée est bien avancé, je veux sortir de la ville pour camper. Finalement en sortant je vois une dame tourner autour de mon vélo, j’engage la conversation, elle me demande où je compte dormir, elle me dit qu’elle connaît un camping pas chère. Je suis un peu fatigué, je décide de la suivre. Finalement je l’entends parler français à son compagnon, ce sont 2 français d’une soixantaine d’années qui voyagent à vélo ! Et pour finir un autre jeune cycliste français est à l’auberge. On cuisine et mange ensemble, la soirée se fini tard, le lendemain je ne roulerais pas ! C’était une bonne pause, quelques informations pour rouler en Australie mais surtout beaucoup d’anecdotes de voyages et une super compagnie pour un jour de repos. Je n’ai pas eu beaucoup d’informations sur la route qui m’attend mais les quelques infos glanés ne sont pas encourageantes.

Toutefois je repars en pleine forme, autant physiquement que moralement. Après un jour sur la voie principale je prends la route pour le parc national de Limmen. J’ai environ 700 km pour rejoindre le premier bourg. L’aventure le long de la « savannah way » commence vraiment. Voyager isolé des gens est agréablement associé au voyage avec la vie sauvages. C’est donc avec bonheur que je roule avec des oiseaux de tous genres, ça va de l’aigle géant au petit perroquet vers, en passant par le cacatoès blanc et bien d’autres encore. J’ai aussi découvert les fameux kangourous et wallabies (plus petits). Je n’oublie pas les effrayants serpents et les nombreuses autres reptiles et batraciens. Heureusement je n’ai pas croisé la route des croc’, mais la sécurité m’obligeait à ne pas me baigner dans les nombreuses rivières que je traversais. Je faisais mes réserves d’eau potable dans plus part de ces cours d’eau lorsque les locaux me confirmait la qualité de l’eau. Je faisais cela rapidement et aux aguets en prévision d’une attaque de crocodile:). Lorsqu’il n’y avait pas de rus, ou lorsque l’eau était saumâtre, les touristes en caravanes me proposaient régulièrement de l’eau. Si la nature m’enchante la route me fatigue et le vent m’achève. Et oui le Limmen n’est composé que d’une piste en tôle ondulé avec de jolies bacs a sable. Un enfer, je roule 80km et je roule toute la journée. Heureusement le moral est au beau fixe, lorsque je me retrouve stoppé par le sable à devoir pousser mon vélo j’en rigole, j’ai parfois l’impression que les oiseaux se moquent de moi donc des fois je peste mais une fois en selle tout vas bien. Enfin jusqu’à ce qu’un rayon casse et me fait me rendre compte que ma jante arrière est craquelé à différents endroits. Je change le rayon et colle les fissures en espérant que ça tienne. C’est peut être de ma faute, mes rayon étaient sûrement trop tendu et mon pneu trop gonflé, je règle ça mais ma roue est morte. Heureusement le soir un couple d’Hollandais et d’Anglais m’invite à dîner, une super soirée, bière, vin rouge, beaucoup de nourriture et même un gâteau (scones) cuit au feu de bois ; ils appellent ça le « glamping », c’est à dire le « camping glamour ». Je repars donc en forme mais inquiet pour ma roue, je roule plus prudemment.

Finalement 2-3 jours plus tard (je commence à oublier ma roue arrière), âpres avoir fait le plein de nourriture dans une petite ville j’arrive dans une ferme en plein milieu du bush australien. C’est un élevage de vaches à viande géré par une famille aborigène (je les avais contacté via le réseau « woofing »). A 700km de Katherine et 700km de la prochaine petite ville suivante, c’est un bon endroit pour me reposer. L’accueil est super, je suis censé travailler mais Frank m’invite a juste me reposer. Je me repose bien mais j’aide quand même pas mal. J’ai passé 3 jours géniaux, mais je décide de ne pas rester plus longtemps, je veux trouver du travail avec un salaire maintenant. Frank me dépose dans une communauté, ça m’évite presque 100km mais pour rejoindre la route principale la piste est encore pire que celles précédentes ; des voies d’eau profonde, du sable partout, des gros cailloux … je crois que c’était la pire route de mon voyage, heureusement il y avait moins de 10 km. Je retrouve la route principale, je m’attendais à une bonne piste … raté c’est toujours sableux et ces vaguelettes commence à m’énerver. Ça casse mon vélo, mon dos et mon morale ! Ça dure pendant 200 km au moins mais je passe finalement dans l’état de Queensland, la route est goudronné, Alléluia ! Bon il y aura encore des portions de pistes infernales, les rivières ne sont plus potable et le vent est plus fort. C’est pas les vacances mais je sens que j’arrive au bout de l’enfer, notamment après avoir passé la roadhouse nommé « Hell’s gate » (« la porte de l’enfer », et oui c’était heureusement la porte de sortie).

J’arrive finalement à Normanton, une petite ville ou je fais des provisions et récupère à la poste des papiers nécessaire pour travailler. Uniquement de la route goudronnée en prévision, j’ai roulé plus de 1500km en Australie mais il me reste toutefois plus de 700km jusqu’à Cairns, la première grande ville avec un super-marché au prix raisonnable. Mes deux derniers arrêt shopping se sont fait dans des petites supérette et cela m’empêchait de me faire des petits plaisirs alimentaire. J’ai toutefois trouvé du combustible pour mon réchaud juste après avoir consommé la dernière goutte de ma première bouteille, j’avais donc le luxe de pouvoir plus cuisiner. J’ai donc acheter de la farine et depuis je cuisine mon pain, des chapatis ! 5-6 chapatis (pains plats indiens) pour le dîner et le petit déjeuné. Accompagné de sucre et de citron (qui me rappelait des souvenirs de l’Inde il y 4 ans )voir du chocolat-lait de coco que je préparait c’était royale !

Mon dernier arrêt c’est fait a Mt Surprise où j’ai donné un coup de main dans un camping en échange du gîte et du couvert. C’était qu’un demi-repos mais ça fait du bien et j’ai fait de bonnes rencontres. Je bataille un peu avec l’accent australien, j’écoute plus que je ne parle mais les gens sont sympa, je prend des infos et des contacts pour le ramassage des fruits. J’aide aussi un dame à ramasser les poubelles et je me fait mon premier billet de 100$:). Après 3 jours de repos, toujours pas de vrai boulot je reprend donc la route vers Atherton où une famille de warmshower m’attend et m’accueille chaleureusement. Et cette fois-ci je n’ai pas besoin de travailler en échange du logement. J’en profite pour nettoyer a fond mon vélo, j’ai plein d’outils à disposition, je nettoie donc les roulements de ma roue arrière (qui à l’aire de tenir bon malgré les différentes fissures) et de mon axe de pédalier. Je répares ma gaine de câble de vitesse qui avait cassé quelques jours plus tôt. Steve m’aide à réparer ma béquille qui avait cassé en Inde, il y a très longtemps. Je change aussi ma chaîne qui était complément fichu et qui commençait à ruiner mes vitesses. Je me rend compte cette fois ci que l’Australie est chère, très chère, je change donc la chaîne mais pas la cassette. Ça ne le fait pas vraiment, je ne peux pas me servir de mes petites vitesses. Heureusement à Cairn, après un autre petit trajet en voiture, un gars d’un magasin de vélo me donne la petite vitesse que je peux changer, j’espère que ça me durera jusqu’à Melbourne : ma prochaine destination. Ou du moins jusqu’à ce que j’ai trouvé du travail …

Voici les photos :

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Une réflexion sur “Un air de Cow-boy

  1. dom

    bon j’ai lu ton écrit et je pleure parce k tu m’écris plus de petits mots, k je trouve super ce k tu fais et ce k tu écris, k je voudrais faire un bout de route avec toi mais k je n’y arriverai pas car je suis trop vieille et pas du tout physique, k toute cette année je me suis polarisée sur mes travaux et k je n’en peux plus, k la politique ki se joue dans le monde me semble de plus en plus incompréhensible, folle et Inhumaine………….excuse moi de ces mots « tristounés » j’en ai vu d’autre et t’inquiète je vais me relever : d’ailleurs ça y est déjà……………bisous++++++++++++++++ ta tante ki t’aime et ki « t’admire » (ATTENTION : k cela ne te fasse la grosse tête : si tu arrive à faire cela c’est k la force est en toi (pourquoi ?) reste HUMBLE………….

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